Le style : deuxième pilier de l’écriture

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Nous poursuivons notre série des quatre piliers de l’écriture relevés par Brandon Royal dans son livre “The Little Red Writing Book: 20 Powerful Principles of Structure, Style, & Readability”. Nous avons déjà abordé le premier pilier qui est la structure

Aujourd’hui, nous allons aborder le style qui décrit comment on écrit, en incluant comment on utilise des exemples spécifiques pour soutenir ce qu’on écrit.

Afin de vous faire une idée sur les principes liés au style, deuxième pilier de l’écriture, je me suis amusé à traduire quelques extraits. Ces traductions sont approximatives pour la simple évidence que je ne suis pas traducteur! Néanmoins, cela permet de vous faire une idée sur la qualité du livre de Brandon Royal que je conseille vivement à tous ceux qui veulent écrire un livre.

Brandon Royal définit dix (10) principes pour le style :

1er principeSupportez / Soutenez ce que vous dites – Utiliser des mots spécifiques et concrets pour soutenir ce que vous dites.

Une différence majeure entre la bonne écriture (ou rédaction) et la mauvaise écriture tient avec les exemples concrets et spécifiques que vous utilisez ou que vous n’utilisez pas. Tenez, par exemple, vous écrivez sur la pomme. Toutes les pommes ne sont pas identiques. Quelle couleur ? Quelle forme ? Quel goût ?

Prenons un autre exemple dans le contexte de l’entreprise. Supposons qu’on affirme qu’une entreprise a vu ses profits chuter. Quels sont les détails face à cette affirmation ? Qu’est ce qui est spécifique ? Est-ce que le volume des ventes a baissé ? Est-ce que le prix de vente a été réduit ? Est-ce que les coûts ont augmenté ? Et si c’est le cas, de quel montant ? Notez la différence dans chacune des différentes déclarations.

Général mais pas spécifique : les profits de l’entreprise diminuent.

Général mais pas toujours spécifique : les profits de l’entreprise diminuent parce que les coûts augmentent.

Spécifique : les profits de l’entreprise ont diminué de 10% alors que l’ensemble des coûts a augmenté de 20%.

Encore mieux : les profits de l’entreprise ont diminué de 10% alors que l’ensemble des coûts a augmenté de 20%. En particulier, les dépenses salariales sont la principale cause de l’augmentation de ces coûts. L’augmentation des dépenses salariales tient à une compensation versée aux dirigeants…

Les exemples et les détails sont les choses que les personnes retiennent en lisant un texte ou un article.

Un arbitrage existe toujours entre la brièveté (ou concision) et le détail. Les détails vont rendre un texte long mais cela ne veut pas nécessaire dire que le texte est verbeux. La concision exige un nombre minimum de mots au niveau de la phrase tandis qu’un soutien suffisant demande beaucoup de phrases.

Un langage vague fragilise votre écriture car il pousse votre lecteur à deviner ce que vous voulez dire au lieu de se concentrer entièrement sur vos idées et votre style. Choisissez les mots spécifiques, descriptifs pour une écriture plus renforcée. Quelque fois, pour être spécifique et concret, vous serez obligé d’utiliser plus de mots que d’habitude. Ce qui est important, c’est de supprimer les mots qui ne sont pas nécessaires, qui ne supportent pas ce que vous dites.

Entrainez-vous à citer des exemples spécifiques.

Plusieurs écrits souffrent de superficialité. Ils apparaissent comme trop généraux. Des exemples abondent dans les milieux académique et professionnel. Une déclaration sans support mérite un rejet sans raison motivée. Une technique valable, qu’on peut utiliser quand on écrit les brouillons, est d’évaluer les points qu’on veut soutenir en plaçant « par exemple » immédiatement après avoir écrit ces points. Cela va vous donner l’assurance que vous allez offrir un support à vos arguments.

2ème principe – Personnalisez les exemples – Ajoutez des exemples personnels pour rendre votre écriture plus mémorable.

Le principe 6 (Utiliser des expressions spécifiques et concrètes pour soutenir ce qu’on dit) est le plus important des techniques d’écriture. Les principes 6 et 7 vont ensemble et sont des outils importants pour écrire dans un style proche de la conversation. Les exemples personnels vont main dans la main avec l’utilisation du pronom personnel « je ». N’ayez pas peur d’utiliser ce pronom. Il force l’auteur à rendre le sujet à la fois personnel et spécifique. Les lecteurs apprécient souvent de connaitre comment une situation est vue par un auteur, suivant son expérience personnelle.

L’emploi du pronom personnel « je » est banni dans les productions formelles et académiques.

En clair, personnaliser l’écriture est une option pour soutenir ce qu’on affirme, en plus des exemples et des statistiques.

On peut aussi utiliser des anecdotes : ce sont des petites histoires utilisées pour embellir un point.

On peut aussi utiliser les citations : inclure les citations, particulièrement celles attribuées à des personnes exceptionnelles ou célèbres ou très connues, peut être un outil de persuasion. Les citations, quand elles sont bien choisies, vous font apparaître comme très intelligent. Il n’est pas toujours facile de se rappeler d’une citation appliquée au sujet que vous abordez mais on peut faire une petite recherche en passant par un moteur de recherche, ou des livres de citations.

On peut aussi utiliser les analogies : les analogies dessinent des similarités entre deux choses dissemblables et aide le lecteur, à partir de cette mise en relation, à mieux voir ou comprendre le sujet abordé.

On peut aussi utiliser des similitudes et des métaphores : la similitude est généralement introduite par « comme » et permet de comparer deux choses différentes, ou contraires. Les similitudes sont relativement faciles à utiliser et peuvent être des outils puissants pour présenter vos idées. La métaphore consiste à indiquer une chose par une autre expression. Les similitudes et les métaphores sont des comparaisons au sens figuré, pas des comparaisons actuelles ou réelles comme on peut dire que Jean est plus grand en taille que Paul.

3ème principe – Restez simple – utiliser des mots/expressions simples pour exprimer vos idées.

La méthode la plus fondamentale pour simplifier l’écriture est d’utiliser des expressions simples. N’utilisez pas de gros mots ou des expressions compliquées pour impressionner vos lecteurs, vous risquez de manquer de sens. Faire attention aux mots (verbes, noms et adjectifs) qui ont des sens plus étendus.

4ème principe – Réduire les longues phrases – Rendre votre écriture plus clair en divisant les longues phrases

Un des moyens pour rendre votre écriture claire est de limiter l’emploi de longues phrases. Le moyen le plus simple est de diviser une phrase longue en deux ou trois phrases plus courtes. La pratique d’utiliser les courtes phrases ne signifie pas que toutes les phrases doivent être courtes. Les courtes phrases ajoutent une dynamique dans votre texte et sollicite l’attention du lecteur.

5ème principe – Eliminer les mots/expressions inutiles – Supprimer les redondances et les qualifications excessives.

Il faut être bref quand il le faut. La redondance intervient lorsqu’un auteur répète un mot/phrase ou une idée. C’est redondant de dire « qu’un débutant manque d’expérience »… le mot débutant à lui seul implique le manque d’expérience. Les mots redondants peuvent être supprimés sans changer le sens de la phrase. Les qualifications excessives sont aussi bannies. Par exemple, on n’a pas besoin de qualifier des mots absolus comme excellent, unique, favori….

6ème principe – Gagner de la puissance active – favoriser les expressions/phrases actives, non les passives.

En général, la voix active est préférée à la voix passive parce que la voix active est plus orientée « action ». La voix active est plus directe et moins verbeuse. Cela ne veut pas dire qu’on doit évacuer totalement l’emploi de la voix passive. La voix passive est appropriée lorsque celui qui exécute l’action n’est pas connu, ou sa connaissance n’est pas important. La voix passive est encore préférée quand le récepteur de l’action est plus important que l’exécutant.

7ème principe – Favoriser les verbes, pas les noms – Eviter de nominaliser vos verbes et adjectifs.

La nominalisation est le processus par lequel les verbes et les adjectifs sont transformés en noms. Les nominalisations affaiblissent l’écriture pour plusieurs raisons, principalement parce qu’elles rendent les phrases légères et longues.

8ème principe – Toujours utiliser des formes parallèles – Exprimer une série d’items/points dans une forme cohérente et parallèle.

Le parallélisme dans l’écriture veut dire que nous devons exprimer de manière cohérente les parties similaires d’une phrase. Le parallélisme consolide la clarté et la puissance. Le parallélisme est semblable aux rimes dans la poésie.

9ème principe – Capitaliser sur une variété de phrases – varier l’étendue et les débuts de vos phrases.

Le modèle classique de la phrase est « sujet-verbe-complément ». La plupart des phrases doivent suivre ce modèle car c’est plus puissant ainsi. Néanmoins, si toutes les phrases suivent ce modèle, cela peut créer de la rigidité et de la monotonie dans votre écriture. C’est pour cela que, pour varier, il faut commencer les phrases de plusieurs manières :

  • Avec un sujet : les consommateurs peuvent nous dire pourquoi nous vendons nos produits si nous prenons le temps de les écouter.
  • Avec une « phrase sans verbe » : pour cette raison, aucun produit n’est développé si on n’a pas l’assurance que le marché existe.
  • Avec un verbe,
  • Avec un adverbe,
  • Avec un adjectif,
  • Avec un infinitif,
  • Avec une conjonction…

10ème principe – Choisir le ton approprié – Ecrire avec un ton positif, personnel.

Le ton est quelque chose de difficile à décrire. Certains le définissent comme l’attitude de l’auteur. Le ton apparaît avec 2 dimensions majeures : positive ou négative et formelle ou informelle. Aujourd’hui, le ton positif et personnel est le plus employé. Un des moyens pour contrôler le ton de l’écriture est l’emploi des mots positifs ou négatifs. Utiliser les mots positifs autant que possible. Les lecteurs n’aiment pas instinctivement qu’on leur dise ce qui n’est pas vrai contrairement à ce qui est vrai. Ainsi, les formes négatives peuvent être transformées en expressions positives.

Exemple :

Ton négatif : le magasin sera fermé à 19h. « Fermé » est un nom négatif.

Ton positif : le magasin va rester ouvert jusqu’à 19h. « Ouvert » est un nom positif.

L’écriture peut aussi avoir des tons formels et informels. Deux des grands facteurs dans la formalité sont l’emploi des contractions et des pronoms personnels.

Utiliser les pronoms personnels pour rendre votre écriture plus familière/informelle et personnelle. Plusieurs écrits se font sur un ton informel car il permet de réduire la distance entre l’auteur et le lecteur.

 

Voilà ainsi présentés les dix (10) principes qui forment le premier pilier de l’écriture selon Brandon Royal. Nous allons aborder pour la suite les principes qui fondent la lisibilité, troisième pilier de l’écriture.

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2 réflexions sur “Le style : deuxième pilier de l’écriture

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