Comment écrire son premier livre ? Le Guide (1)

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Ce billet est la première partie du thème abordé. La seconde partie sera publiée demain.

On doit enseigner l’enchainement des différentes activités qui concourent à la production d’un livre et non les auteurs du programme, c’est le conseil sans cesse réitéré par Don Murray jusqu’à sa mort. C’est dans cet optique qu’il avait découpé l’écriture en trois étapes : la pré-écriture, l’écriture et la révision. Nous avons abordé ces étapes dans le récent billet.

Seulement, mon expérience avec la publication de mon premier livre, Le Secret des Blogueurs Qui s’enrichissent, m’a permis de noter les limites de ce modèle. Il est intéressant en vase clos, lorsque vous vous contentez juste d’écrire votre livre mais si vous voulez mettre ce livre sur le marché, il va falloir aller plus loin.

Plusieurs personnes, aspirants auteurs, pensent qu’il faut « bien » écrire un livre pour le vendre, que les grandes idées, de meilleurs développements et arguments vont suffire à faire vendre un livre. C’est une conception d’amateur que j’ai moi-même adopté à un moment donné, avant de me confronter à la réalité et la désillusion qui s’en est suivie.

La promotion est plus chronophage que l’écriture. Cela fonctionne comme un effet réseau : plus votre livre est connu et apprécié par la critique, plus vous avez de lecteurs. C’est pour cela que vous verrez des auteurs professionnels accorder des interviews lors du lancement de leur livre, faire des soirées dédicaces, arpenter les salons de livre pour des rencontres avec les lecteurs, faire des points de presse,..etc. Toute cette activité demande autant d’énergie, sinon plus que celle déployée pour écrire le livre.

Le modèle « pré-écriture, écriture, révision » étant limité, j’ai voulu me frotter à un modèle plus proche des réalités du marché. En faisant une recherche par Google, je suis tombé sur un document fort intéressant qui a comblé mes attentes. Le titre du document est « How to create your first ebook » . Ce document est édité par la place de marché WordPress iThemes.

Ainsi, les différentes étapes qui incombent à un auteur sont les suivantes :

  • Le choix du sujet,
  • La planification,
  • L’écriture,
  • L’édition,
  • La publication,
  • La vente,
  • Et enfin la promotion.

Ce qui suit est un résumé de cet ebook très intéressant.

Le choix du sujet

Avant tout début d’écriture d’un livre, vous devez d’abord vous poser la question de savoir pourquoi vous voulez écrire un livre. Et cet ebook identifie cinq raisons qui peuvent vous amener à écrire un livre :

  1. Partager et diffuser vos idées,
  2. Etaler votre expertise,
  3. Communiquer dans un format différent,
  4. Gagner de l’argent,
  5. Par passion.

Et oui ! Par passion. Un passionné peut aussi s’essayer par recherche d’une expérience, juste pour « voir » comme on dit.

Quel qu’en soit les raisons, le choix du sujet ou thème abordé par le livre est une étape importante. Dans tous les cas, ce choix doit répondre à un certain nombre d’exigences :

  • Le livre doit être nécessaire : des millions de livres sont publiés chaque année. Pourquoi un lecteur potentiel devrait ajouter votre livre à son étagère ? qu’apporte-t-il de neuf ou d’original par rapport à tout ce qui existe ?
  • Le livre peut puiser dans votre expérience : les gens sont en quêtes de solutions et de raccourcis pour résoudre leurs problèmes. Votre expérience peut changer les vies de plusieurs personnes.
  • Le livre peut être basé sur la recherche : après plusieurs recherches, lectures, vous pouvez constater qu’un domaine n’a pas été exploré et c’est l’occasion pour vous de combler ce vide avec votre livre.

Le choix du sujet du livre s’accompagne toujours d’une clarification de votre intention. Qu’est-ce que vous visez en écrivant votre livre ? C’est cela qui donnera une orientation à votre écriture. Est-ce un livre d’histoire ? Un manuel d’apprentissage ou de formation ? Une biographie ?

En général, cette étape ne prend pas assez de temps car la motivation à écrire un livre dicte le sujet du livre.

La planification

Ecrire un livre demande du temps et de l’énergie. Ces deux ressources doivent être organisées afin que puissiez atteindre votre objectif. Et qui dit organisation, dit plan. Il serait difficile pour vous de terminer un livre si vous travaillez à la volée, au goût de vos humeurs et émotions.

Ainsi, pour planifier, il faudra répondre à un certain nombre de questions :

  1. Quelle est votre audience : il faut savoir pour qui vous écrivez votre livre. C’est très important puisque cela impactera votre style d’écriture ainsi que le contenu de votre livre.
  2. Quel format de publication pour votre livre ? Allez-vous publier votre livre en PDF ou en ePub ? Il faut savoir que le PDF se prête mieux à une distribution du livre à partir de votre propre plateforme comme un blog, alors que le format ePub est plus compatible avec des sites de vente comme Amazon. Ce n’est pas à la fin de votre livre que vous devez réfléchir à ces questions. Si vous écrivez votre livre dans un logiciel de traitement de texte comme Word et que vous devez le publier en PDF, vous devez penser à télécharger et installer un logiciel comme PDF Creator pour la conversion de votre texte en PDF. En revanche, si vous souhaitez publier votre livre en ePub, vous devez le saisir et le convertir dans un logiciel comme Calibre ou convertir votre fichier texte à partir d’un site comme http://liber.io/. Ce point a fait l’objet de détail ici.
  3. Où est ce que vous allez vendre votre livre ? : avant de commencer à écrire le livre, vous devez avoir une idée sur la distribution du livre. Il faut faire un tour des différents sites de vente de livre pour avoir une idée sur la distribution indépendante. Est-ce que vous allez le distribuer à Amazon, à la FNAC, à iBooks Store? Il existe pléthore de sites de vente de livres.

L’audience vous donne une idée sur le contenu du livre, le format vous donne une idée sur la forme et la présentation du livre. Pour finir, savoir où vendre le livre vous donne une idée sur « l’après-écriture », sur ce qu’il faudra faire une fois le livre terminé.

Ne tombez pas dans le piège de la majorité des auteurs, puisque moi-même j’y suis tombé. La qualité de votre livre, de vos idées ne suffisent pas à la faire vendre, surtout lorsque vous en êtes à vos premières publications. Vous serez désagréablement surpris.

Une fois le plan étalé, vous devez écrire le livre.

L’écriture

On nous avait appris lorsque nous étions jeunes, que la Bible, les Saintes Ecritures avaient été écrites par révélation, c’est-à-dire que ses auteurs n’avaient pas besoin de réfléchir pour mettre les mots sur leur manuscrit. Cette époque est révolue, même comme on trouve toujours dans les rayons de librairie des individus qui proclament être des médiums qui reçoivent des messages de planètes qu’ils transcrivent intégralement dans leurs livres. En ce qui vous concerne, vous devez vous remuer pour écrire votre livre, faire tourner les méninges et pas seulement les méninges.

On divise généralement cette phase d’écriture en quatre (04) activités : rechercher, résumer, écrire, réécrire. Ces activités ne sont pas linéaires : on peut bien réécrire et aller modifier le résumé, ou faire de nouvelles recherches. La division n’est pas marquée.

La recherche vise à fournir assez de matériaux pour soutenir ou élargir le sujet de votre livre. Elle vise aussi à avoir une idée sur ce qu’on dit d’autres auteurs sur votre sujet. Elle nécessite une excellente organisation, compte tenu du volume de documents de toute nature (texte, audio, vidéo, image) que vous allez avoir. Un outil comme Evernote vous facilitera la tâche.

Le résumé du livre vise à vous donner une boussole afin de vous orienter. C’est cette boussole qui vous permettra de vous départir du volume de documents issus de la recherche. Lorsque vous ouvrez un livre, vous observez toujours présenté avant même l’introduction du livre un plan, un sommaire ou une table des matières. C’est de cela dont il est question ici. Bien sûr, le résumé que vous allez faire n’est pas définitif. Vous allez certainement y revenir au fil de l’écriture mais ayez au moins une carte avant de commencer. L’important n’est pas d’avoir les détails mais d’avoir au moins les idées générales.

L’écriture intervient après le résumé. Ici, vous produisez une première ébauche, on peut dire un brouillon du livre. Le résumé vous a donné les idées générales. Maintenant, vous exploitez les résultats de la recherche, les documents obtenus pour aller en profondeur, pour fournir les détails à vos idées générales.

Les bonnes expressions, les meilleures tournures ne jaillissent pas le plus souvent au premier coup. C’est pour cela qu’il est important de réécrire, de revoir la première ébauche du livre. En relisant cette ébauche, on peut avoir d’autres perspectives, d’autres idées, d’autres approches. C’est ici que vous devez sortir de votre cocon pour aller à la rencontre de personnes qui pourront jeter un coup d’œil à votre livre. Vous pouvez commencer par vos proches.

L’édition

Une fois que vous avez achevé l’écriture de votre livre, il faut l’éditer. Je dois attirer l’attention sur une nuance que beaucoup d’auteurs confondent : éditer un livre ne veut pas dire le réécrire. A l’édition, vous avez une version finale de votre texte. Ainsi, l’édition d’un livre porte sur trois volets :

  1. L’édition de contenu : ici, on essaie d’analyser les supports et les détails de vos idées. On en vérifie l’exactitude. Si vous avez eu recours à une statistique pour soutenir un de vos arguments, on en vérifie l’exactitude et surtout la source. La crédibilité de la source est très importante. C’est plus rassurant lorsque cela vient d’une institution, d’un centre de recherche ou d’un organisme spécialisé. Il en de même des citations, faits relevés, anecdotes qui doivent être vérifiés. On vérifie aussi l’organisation de votre contenu : il ne faut pas de disproportion entre les différentes parties de votre livre. Si votre livre a par exemple trois parties, si on se retrouve avec 85 pages pour une seule partie sur un livre de 100 pages, ça pose un problème. Autant mieux prendre cette partie pour le livre et le découper en chapitres. Vous devez aussi avoir une vue d’ensemble sur le contenu de votre livre : analyser la logique de vos idées (s’ils se tiennent comme le tronc d’un arbre tient les branches), leur cohérence (le principe de non contradiction).
  2. L’édition de texte : ici, ce ne sont pas les idées qui sont analysées mais le texte. Les règles de grammaire, d’orthographe ou de conjugaison sont sollicitées. On analyse le texte ligne par ligne et on corrige toutes les fautes. C’est difficile de faire l’édition de texte tout seul. Il va bien falloir, à défaut d’un professionnel, solliciter vos amis et vos proches pour vous aider à repérer toutes les coquilles. C’est le nombre qui compensera l’œil du professionnel.
  3. Relecture : la relecture est importante tout simplement parce que toute la correction ne réside pas dans l’observation des règles de grammaire, d’orthographe ou de conjugaison. Comme le relève Steven Pinker, toute langue possède un certain nombre d’irrégularités qui ne peuvent pas être déduites des règles communément admises comme les idiomes, les figures de style et autres accidents de l’histoire qui ne répondent pas à la logique de la langue. Prenons un exemple simple parmi la multitude d’exemple citée par Michel Volle dans un de ses articles que j’ai apprécié : le terme “balayeur” est de moins en moins admis, au profit de “technicien de surface” ou un “instituteur” est remplacé par “professeur des écoles”. La langue évolue parfois et certaines expressions peuvent devenir caduques. Cela l’a rien à voir avec des règles de grammaire, d’orthographe ou de conjugaison.

La publication

Une fois la rédaction terminée et l’édition assurée, vous devez aller confronter votre œuvre avec le marché. Mais avant d’y aller, il faut s’assurer que votre livre a la touche professionnelle pour se démarquer des autres. C’est la raison pour laquelle vous devez penser à la mise en page du livre.

La mise en page vise à donner à votre livre une présentation professionnelle et surtout une excellente lisibilité. Ainsi, vous devez vous assurer d’avoir choisi la bonne police, celle qui ne fera pas mal aux yeux du lecteur, celle qui permettra une lisibilité à 30cm de votre livre. Vous devez aussi penser à bien démarquer les titres, les paragraphes, les chapitres.

Vous pouvez démarquer les titres en leur donnant une plus grande taille de police, ou une couleur, ou un soulignement. Pour le paragraphe, vous pouvez définir des espacements entre paragraphes. Pour les chapitres, vous pouvez vous contenter des sauts de pages.

La mise en page concerne aussi le format de la page, avec la définition des marges, les numéros et l’orientation de la page. On doit aussi s’assurer que le livre comporte tous les points d’un livre professionnel. En plus du contenu, il doit être doté d’une page de titre, d’une page de copyright, d’une dédicace, d’une table des matières, d’un avant-propos,…etc.

Une fois la mise en page terminée, vous devez penser à le formater. Lorsque vous écrivez votre livre dans un traitement de texte comme Word, il est « formaté » dans ce logiciel, c’est pour cela que le fichier de votre livre aura une extension « .doc », « .docx ». Seulement, ce n’est pas un format adapté à la distribution de livres professionnels. Le format professionnel de distribution des livres est le PDF. Ou encore l’ePUB. Nous avons parlé de cela dans la partie “Planification” plus haut. Si vous voulez les détails sur les différentes options pour obtenir des fichiers à ces formats, vous pouvez vous reporter à ce billet ici.

L’autre point important et plus critique de votre livre est la couverture et le titre du livre. C’est la première accroche puisque le lecteur voit le plus souvent la couverture du livre en premier. Si votre couverture ainsi que le titre du livre ne captent pas son attention, ne suscite pas de l’intérêt, vous aurez raté le dernier mètre de votre course.

Pour un indépendant, vous avez le choix entre vous offrir les services d’un designer, d’un graphiste, d’un infographe ou de faire vous-même la couverture du livre. Il est clair qu’obtenir une couverture au rendu professionnel est plus facile avec les services d’un professionnel mais cela a un prix. Et parfois, les moyens n’y sont pas. Dans ce cas, vous pouvez passer en revue vos relations, amis ou connaissances pour voir si vous ne comptez pas parmi l’un deux une personne qui a bon doigté graphique. Avec la généralisation de l’informatique d’aujourd’hui, Je suis sûr que vous allez trouver quelqu’un et là, vous pouvez demander un rendez-vous pour travailler sur le projet. Vous devez encore tester votre couverture auprès de vos proches et connaissances. Notez toutes les critiques et appréciations et discutez-en avec votre graphiste.

Si vous n’avez aucun proche dans l’infographie et pas les moyens de vous offrir les services d’un professionnel, alors, vous allez devoir faire vous-même la couverture de votre livre. Dans ce cas, vous pouvez aller sur le site d’Amazon observer un échantillon de couverture de livres, et pourquoi pas les couvertures de livres concurrents de votre sujet. Prenez votre temps pour observer. C’est cette phase qui vous inspirera et vous permettra d’avoir une idée sur la couverture que vous souhaitez avoir. Il est préférable d’avoir deux modèles et d’en faire un schéma sur papier. Ces deux schémas de modèles seront confrontés aux yeux de vos proches pour qu’il fasse un choix. Cette stratégie vous évitera de bosser dur sur des modèles pour les voir rejetés après.

Pour la couverture de mon livre, Le Secret des Blogueurs qui S’enrichissent, je suis passé par Derek Murphy, animateur du site DIY BOOK COVERS, qui m’a permis à travers le modèle d’une couverture fournie aux abonnés de sa newsletter, de concevoir la couverture de mon livre. C’est une très bonne option et le site de Derek Murphy est idéal pour les indépendants. J’ai dû me servir, pour le choix de l’image de couverture, des sites d’images gratuites en ligne PIXABAY ainsi que FREE DIGITAL PHOTOS. Mais ce ne sont pas les seuls sites d’images gratuites. Il en existe pléthore et Google peut vous aider à les retrouver. Il arrive que la taille d’une image ne soit pas convenable au format de votre couverture. Dans ce cas, je me suis servi de Pixlr, l’éditeur en ligne d’images, qui réduit la taille en conservant une excellente qualité. De même que le poids d’une image peut handicaper votre couverture. Dans mon cas, je me suis servi de Compressor. J’ai monté toutes les modèles de couverture du livre sous Word et une fois le fichier terminé, je faisais une conversion du fichier en PDF grâce à PDF Creator. Le fichier PDF obtenu était à son tour converti en fichier image grâce au convertisseur de PDF en JPG mis en ligne par Derek Murphy, le « PDF to JPG free online converter ». Ce fichier image, tous les sites de vente en ligne de livres vous le demanderont, pour le mettre sur le lien de votre livre. C’est cette image que les visiteurs et potentiels lecteurs verront sur leurs sites.

Une fois la couverture terminée, la version finale du texte arrêtée, il faut le vendre.

C’est ce point que nous aborderons dans la deuxième partie de ce long billet, la vente mais aussi la promotion.

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