La pré-écriture facilite l’écriture

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Je viens de tomber sur un livre consacré à la pré-écriture, Writing Warm Ups: 70 Activities for Prewriting de Tom Abigail et Heather McKay. Ce livre a été publié en 1998 par Alta Book Center. A en juger par la couverture du livre, il s’adresse beaucoup plus aux jeunes d’études secondaires qu’aux adultes. Mais détrompez-vous car vous y trouverez votre compte.

Lorsque vous avez bien préparé la pré-écriture, l’écriture se fait plus facilement. Le problème avec beaucoup d’auteurs est qu’il mélange la pré-écriture et l’écriture. En même temps qu’ils font la recherche, ils écrivent le livre. En même temps qu’ils collectent les données, ils l’intègrent dans leur manuscrit. Ce qui fait qu’à la fin, ils n’ont plus le détachement, le recul pour voir l’utilité de chaque élément intégré dans leur manuscrit. L’avantage en dissociant la pré-écriture de l’écriture vient tout simplement du fait que cette première phase vous donne un plan, une organisation. Organisation que vous suivez lors de la phase d’écriture. C’est pour cela que la phase de pré-écriture est très importante et son contenu varie d’un auteur à l’autre. Dans tous les cas, les variations sont mineures dans la littérature anglo-saxonne. Par contre, dans la littérature francophone, cette phase de pré-écriture est la plus souvent résumée à la phase de recherche. Vous verrez ainsi la majorité de manuels de rédaction qui demande, une fois le sujet choisi, de faire des recherches, prendre des notes et puis écrire. Avec des allers-retours dans la mesure où vous pouvez écrire et retourner faire une recherche. Donc, ce n’est pas une séquence linéaire.

Par contre, dans la littérature anglo-saxonne, la pré-écriture est plus vaste et ne se limite pas simplement à une simple activité de recherche. Don Murray a ainsi estimé que cette étape devait prendre 85 % du temps de l’auteur alors que l’écriture n’avait qu’un petit 1% ! Les 14% restants revenant à la révision.

Pour revenir à notre ouvrage, Writing Warm Ups: 70 Activities for Prewriting de Tom Abigail et Heather McKay, il faut dire que cet ouvrage est exclusivement consacré à la pré-écriture avec, comme son titre l’indique, pas moins de 70 activités consacrées à la pré-écriture. Ses activités sont des exercices, ou si l’on veut, des travaux dirigés destinés à vous amener à bien exécuter cette phase de pré-écriture. C’est dire que le livre est résolument pratique. D’ailleurs, les auteurs ne cachent pas que leur livre s’adresse en priorité aux enseignants d’anglais, que ce soit en cycle secondaire ou universitaire.

L’ouvrage se divise en deux parties : une première partie traite des activités de “focus” et la deuxième partie traite des activités d’organisation.

Dans les activités de focus, il est question de sujets que nous avons déjà abordé dans ce blog avec l’intention et l’audience. Cette partie est ainsi divisée en quatre unités :

  • L’audience,
  • L’intention,
  • Le point de vue ou l’opinion,
  • Le focus.

Les activités d’organisation sont aussi réparties en quatre unités :

  • La classification,
  • La séquence,
  • La cause et l’effet,
  • La comparaison et le contraste.

Nous allons ainsi aborder successivement chaque unité.

1. L’audience

Dans toute situation de communication, on a une audience. Cela peut être une personne, deux, trois voire plusieurs personnes. Lorsqu’on se trouve en situation de communication orale, on est face à notre audience et en fonction de cette audience, on sait comment ajuster notre message. Si on est face à un ami, on sait par exemple quel ton employé. De même, on sait varier ce ton et bien choisir les mots lorsqu’on se trouve devant notre Directeur, devant un Ministre. Nous jouons des variations face une audience, que ce soit au niveau du ton, des mots employés, du style de langage…etc.

Lorsqu’on écrit, on n’est plus face à une audience, nous ne pouvons pas voir notre audience. Alors, il nous arrive de ne plus marquer ces variations dans notre écriture. Ce qui fait qu’on observe la plupart des cas des situations où on a l’impression que l’auteur a écrit son livre pour lui-même. Cela vient tout simplement du fait que l’auteur, n’ayant pas en tête son audience, a fait un monologue écrit. Il parlait avec lui-même lorsqu’il écrivait.

On doit toujours répondre à la question : « Pour qui on écrit ? ». C’est pour cela que prendre en compte l’audience permet de discipliner la manière dont vous écrivez. Si votre produisez un livre sur un domaine très technique, et que votre audience cible est de niveau débutant, vous devez prendre la peine de définir les mots et surtout d’user d’analogies pour permettre à votre audience de saisir le sens de vos approches. Un ouvrage de vulgarisation de la science n’a rien à voir avec un ouvrage du programme pour scientifiques. C’est pour cela qu’il faut clarifier son intention.

2. L’intention

Clarifier l’intention consiste à répondre à la question : Pourquoi on écrit ? J’ai tendance à croire que l’intention précède l’audience. Nous pouvons écrire pour :

  • Informer,
  • Eduquer,
  • Convaincre,
  • Attirer l’attention ou alerter sur un sujet précis,
  • Critiquer une prise de position,
  • Partager ses expériences,
  • Vulgariser un sujet très technique,
  • Faire rire, …etc.

On peut avoir plusieurs intentions lorsqu’on écrit. Par exemple, on peut faire rire en éduquant, ou faire rire en informant… un peu comme le font les comiques ou les caricaturistes.

Une fois votre intention principale arrêtée, il faut définir une stratégie ou du moins, une démarche pour accomplir cette mission.

3. Le point de vue

Ici, on répond à la question : « Qu’est-ce que vous comptez apporter pour atteindre votre intention ? ». Il y ‘a d’un côté ce que l’audience attend de vous et de l’autre ce que vous comptez leur apporter. Ce qui fait souvent la différence, c’est la manière, ou la méthode employée pour atteindre votre but. C’est pour cela que dix (10) livres peuvent sortir sur un même sujet mais un ou deux se démarquent et sont appréciés.

4. Le focus

Ce terme est généralement associé à la concentration. Il s’agit de bien préciser les contours du sujet du livre, sans ambiguïtés pour éviter de verser dans la généralité. Si votre sujet n’est pas précis, vous allez le survoler dans l’ouvrage. Si vous ne le survolez pas, deux dangers vous guetteront : soit vous allez produire un ouvrage si volumineux qu’on aura de la peine à ne pas le confondre avec une encyclopédie, soit vous aurez tellement de choses à écrire sur le sujet que le livre ne sera jamais terminé. C’est pour cela qu’on doit être précis pour le sujet du livre, pour éviter la dispersion.

5. La classification

Avec ce point, nous abordons l’organisation. Les quatre (04) derniers points seront assez brefs puisque j’ai abordé l’organisation de manière détaillée dans un billet que vous pouvez retrouver ici. Brièvement, il s’agit de regrouper les items en ensembles qui partagent les mêmes caractéristiques. Les critères et les catégories retenues pour regrouper peuvent varier d’une personne à l’autre. L’important est que cette classification facile le regroupement de vos idées et apporte de la clarté dans votre exposé.

6. La séquence

Quand on parle de séquence, on se réfère le plus souvent à quelque chose qui est soumis à un enchainement linéaire avec un début et une fin. La séquence chronologique est certainement la séquence la plus connue, celle où on organise nos idées suivant leur apparition temporelle. Néanmoins, il existe des séquences numériques, géométriques et spatiales. Vous pouvez aussi créer votre propre séquence. Par exemple, si vous voulez présenter l’évolution d’une épidémie, vous pouvez adopter une séquence chronologique comme vous pouvez adopter une séquence spatiale ou géographique, en montrant comment l’épidémie va d’une zone à l’autre.

7. La cause et l’effet

On peut aussi organiser nos idées en présentant les causes d’une part, et les effets d’autre part. Cette organisation est le plus souvent difficile dans la mesure où démêler la cause et l’effet d’un phénomène n’est pas chose facile. Un effet peut être la cause d’un autre phénomène, de même que la cause d’un phénomène peut masquer d’autres causes… On a le plus souvent recours aux tests statistiques pour démêler le tout. Si vous n’avez pas la compétence technique pour le faire, la présentation de vos causes et effets sera toujours jugée arbitraire.

8. La comparaison et le contraste

Pour faire une comparaison, il faut définir un critère que vous allez utiliser pour juger, faire des comparaisons ou ressortir des contrastes. Tout tourne autour du ou des critères de comparaison retenus. Ce sont ces critères qui guident vos idées, votre collecte des données. Aux critères de comparaison, vous allez aussi définir des normes de jugement. C’est à partir de ces normes que vous allez ressortir les contrastes. Prenons l’exemple où vous comparez deux pays, du moins l’économie de deux pays. Vous pouvez prendre comme critère le PIB (Produit Intérieur Brut). Avec ce critère, vous comparez l’économie des deux pays. Mais pour ressortir le contraste, il va vous falloir une norme pour juger. Doit-on juger une économie plus grande que l’autre parce que son PIB est supérieur ?

Toutes ces activités vous permettent de roder le sujet, d’en définir les grandes lignes, de ressortir des idées. C’est cela qui facilitera l’écriture de votre livre. Rappelez-vous surtout que la pré-écriture représente 85% et l’écriture 1%.

Seulement, les activités que recouvrent la pré-écriture varient d’un auteur à l’autre. Nous allons ainsi aborder, dans un prochain billet, l’approche d’autres auteurs.

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