L’entreprise est comme un poulailler

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La vie est d’apparence simple dans un poulailler : à chaque jour, suffit sa peine de nourriture, de combats, de chants, de jeux,…mais aussi de drames.

Le drame vient le plus souvent du propriétaire du poulailler qui, de temps en temps, pique un poulet.

Et les autres poulets, une fois l’émotion retombée, commencent à rationaliser la malchance du poulet piqué…

Et le cerveau a toujours plein d’astuces dans sa manche pour trouver des raisons à un évènement, quelqu’en soit sa nature.

Et certains de se dire : “Il l’a peut être cherché”. Le malchanceux là était récalcitrant, têtu, ne se comportait pas bien quand le propriétaire déposait la nourriture, ne mangeait pas beaucoup comme nous, ne buvait pas assez d’eau, ne chantait pas assez à l’entrée du propriétaire dans le poulailler, ne nettoyait pas bien ses plumes, ne chantait pas au lever du soleil, ne pondait pas assez d’œufs (pour les poules) …etc.

Derrière l’entreprise de rationalisation de la “malchance” du poulet piqué, d’autres voient dans cette malchance une opportunité

Il y aura assez de nourriture pour tout le monde, et si c’est un coq qui a été piqué comme cela se fait le plus souvent, d’autres coqs se réjouiront d’avoir plus de poules…pendant que d’autres estimeront qu’ils auront suffisamment de place pour se coucher, ou pour jouer. Que le son grave du chant du coq malchanceux ne permettait pas qu’on entende la douceur de leur chant. Que la laideur de ce coq rendait leur vie si difficile…etc.

Et ce cycle infernal est lancé…où à chaque départ suit le lot de rationalisations et la fenêtre d’opportunités…

Jusqu’au dernier poulet qui se croit si astucieux, si intelligent, si béni, si stratège, doré d’incalculables qualités.

Jusqu’à ce que la main ferme du propriétaire du poulailler s’abatte sur lui.

Et il quitte la scène sans comprendre.

Comme ceux avant lui ont quitté la scène sans comprendre.

Le poulailler, lui, est là et bien vivant.

A chaque fois que des poulets sont pris, ils ont été remplacés par des poussins il y a bien longtemps.

En réalité même, le remplacement du poussin est programmé dès qu’il entre le poulailler.

Une fois devenu coq, il s’associe au poulailler et se croit si indispensable que son absence mettra à mal le poulailler.

Mal lui en a pris : c’est sous la lame du propriétaire qu’il comprend qu’on peut vivre toute une vie avec un château de cartes dans la tête.

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