Les stratégies d’écriture (4) : La séquence d’évènements

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Cette série sur les stratégies d’écriture s’inspire du « Writing Teacher’s Strategy Guide » de Steve Peha.

Raconter des histoires, nous le faisons la plupart de notre temps. Une série télévisée nous a marqué ? Nous la partageons avec les autres. Nous avons vécu une scène dans la journée qui nous a émue ? Nous la racontons à nos proches. De même, nous avons entrepris des démarches administratives pour déclarer des impôts ou la naissance de notre premier enfant, nous dépannons un ami soumis aux mêmes circonstances qui attend notre aide en racontant étape par étape tout le chemin parcouru.

Toutes ces histoires partagent en commun une seule chose : la description de la séquence d’évènements. Ce type d’exercice, vous en serez soumis en tant qu’auteur et il va falloir aussi faire de la narration, conter des évènements. Pour décrire facilement une séquence d’évènement, notre ami Steve Peha a mis au point une structure de base qui permet d’organiser cette description. C’est une structure à trois (03) parties :

  1. Les transitions : elles aident à introduire chaque nouvelle action dans la séquence. Elles sont marquées par l’emploi des expressions “Au début”, “puis”, ou “après un certain temps”.
  2. Les actions : ce sont les évènements listés dans l’ordre dans lequel ils sont apparus.
  3. Les détails : ce sont les informations additionnelles pour chaque action. Pour chaque action, l’audience peut avoir certaines questions et ce sont les réponses à ces questions qui constituent les détails.

Ainsi, le modèle “Transitions – Actions – Détails” est une stratégie d’écriture utile pour décrire une séquence d’évènements. Comme à l’accoutumée, Steve Peha a établi un graphe pour vous accompagner dans cette démarche.

 

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Pour remplir ce schéma, Steve Peha recommande de commencer d’abord par la colonne “Actions”. Il s’agit en fait de lister toutes les actions de la séquence. Ensuite, on y ajoute des détails sur certaines actions avec la colonne “Détails”. Enfin, on peut lier tout cela avec la colonne “Transitions” qui permet d’introduire chaque action.

Voilà en bref ce qu’on peut retenir de cette stratégie d’écriture. Pas de cas pratique à l’occasion pour cette stratégie. Vous pouvez en trouver facilement. Tous ces modèles sont destinés à vous faciliter la tâche durant la phase de pré-écriture et ainsi vous éviter le “blocage” lors de la phase d’écriture, ce blocage dont plusieurs auteurs s’en plaignent.

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Un livre commence aussi par un questionnement

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En parcourant le livre de Stephen W. Littlejon et Karen A. Foss, Theories of Human Communication (9th edition, Wadsworth Publishing, 2007) pour la préparation de mon livre sur le Growth Hacking en cours, je suis tombé sur une partie assez intéressante du premier chapitre, intitulée “A basic model of inquiry”. Cette partie présente le processus qui conduit à une théorie, puisqu’il est question de théories dans ce livre. Néanmoins, à lecture de cette partie, j’ai fait une correspondance mentale entre ce processus et le processus d’écriture d’un livre.

J’avais écrit un guide sur “Comment écrire son premier livre” où je présentais les différentes étapes qui vous incombaient à partir du moment où vous vouliez écrire un livre :

  • Le choix du sujet,

  • La planification,

  • L’écriture,

  • L’édition,

  • La publication,

  • La vente,

  • Et enfin la promotion.

Ainsi, d’après cet article, la tâche de l’auteur commençait par le choix du sujet. En mettant cet article en rapport avec le premier chapitre du livre Theories of Human Communication de Stephen W. Littlejon et Karen A. Foss, j’ai pu mesurer le détail qui m’a échappé lors de la rédaction de cet article : un auteur ne commence la plupart du temps son livre pas par le choix du sujet du livre, mais par un questionnement. Et c’est là où le livre de Stephen W. Littlejon devient intéressant. Le billet que je publie aujourd’hui va faire une sorte de “hacking” sur cette partie du livre en présentant le modèle de base d’un questionnement, le “basic model of inquiry”. Seulement, à la sortie de ce modèle de base, on a une théorie dans ce livre mais pour ce billet, on a plutôt un sujet choisi.

Littlejohn affirme ceci au début :

“(…) People engage in inquiry when they attempt to find out something in an orderly way”

Traduit, cela peut donner ceci : “Les gens s’engagent dans une recherche quand ils tentent de découvrir quelque chose d’une manière ordonnée”. J’ai traduit “inquiry” par “recherche” à cause du contexte, sinon ce terme peut être traduit par “enquête”, “demande de renseignements”, “investigation”, “questionnement”,…etc.  C’est la magie de la langue anglaise qui déroute plus d’un : un même mot traduit différemment suivant le contexte.

C’est pour cela que j’ai voulu me faire une idée de ce que l’auteur entend par “inquiry”, auquel j’ai associé la traduction “questionnement” :

“(…) Inquiry is the systematic study of experience that leads to understanding, knowledge, and theory”

Traduit par : “l’enquête est l’étude systématique de l’expérience qui conduit à la compréhension, la connaissance et la théorie”.

Le questionnement, ou l’enquête ou la “recherche” comprend trois (3) étapes :

ETAPE 1 : SE POSER DES QUESTIONS

Le questionnement consiste même à se poser des questions, de bonnes questions. Cela peut être des :

  • questions de définition : Ce type de question vise une clarification de ce qu’on a observé, entendu, ou déduit. Vous pouvez écouter à la radio, lire les journaux et observer l’emploi par tout le monde du mot “austérité” à l’occasion de la crise économique actuelle et vous vous demandez quel est le contenu associé à ce terme.  Votre objectif est d’obtenir une clarté par rapport à ce que vous observez.
  • questions de faits : Ici, on s’interroge sur les propriétés et les relations dans ce qu’on observe. S’il s’agit de l’austérité, on s’interroge sur les relations que l’austérité a avec la crise économique. Le fait “austérité” n’est apparu qu’à l’occasion de la crise économique, quels sont leurs liens ou relations ?
  • questions de valeurs : Ici, on explore les qualités esthétiques, pragmatiques et éthiques de ce que l’on observe. Est-ce que l’austérité est bonne? Est-elle juste? effective? …etc.

ETAPE 2 : L’OBSERVATION

Pour avoir des réponses aux questions posées, il faut observer le phénomène qui fait l’objet du questionnement. Si vous posez des questions sur l’austérité, il faut observer le phénomène “austérité”. Prenons un exemple avec Wikipedia :

“(…) Le plan d’austérité italien a été adopté le 25 mai 2010 par le gouvernement Berlusconi, approuvé le 15 juillet 2010 par le Sénat italien et approuvé définitivement le 29 juillet 2010 par la Chambre des députés. Il prévoit le gel des salaires des fonctionnaires pour trois ans, une réduction de 10 % des budgets des ministères, l’intensification de la lutte contre l’évasion fiscale et une diminution des transferts financiers aux collectivités locales. Son objectif est de réaliser 24,9 milliards d’euros d’économies et de ramener ainsi le déficit public de 5,3 % du PIB en 2009, à 2,7 % en 2012.”

Comment toutes ces mesures d’austérité se mettent en place? C’est pour cela qu’on a besoin de méthodes d’observation.

Il y a plusieurs méthodes d’observation. Ainsi, on peut observer :

  • en analysant les archives et les objets, comme les historiens le font,
  • en s’impliquant personnellement, comme le font certains sociologues,
  • en utilisant des instruments, comme le font les astronomes ou les astrophysiciens, ou les biologistes avec les microscopes pour l’observation des microbes…
  • en passant par l’expérience contrôlée, comme dans les laboratoires pour la biologie animale où les souris sont sollicités…

L’important ici est de planifier une méthode d’observation du phénomène questionné, avec pour objectif d’avoir des réponses aux questions posées.

ETAPE 3 : CONSTRUIRE DES REPONSES

Ici, il s’agit de définir, décrire et expliquer, faire des jugements ou des interprétations sur ce qui est observé. C’est ce que vise, d’après le livre de Littlejohn, la théorie, construire des réponses sur un phénomène observé.

Et c’est justement là le hacking, le détournement à faire. A la place de la théorie, c’est le livre que vous devez proposer au public. Il faut noter que ces étapes ne sont pas linéaires.

Ainsi, Ecrire un livre commence par un questionnement. Quelque chose dans la nature vous frappe, un évènement vous surprend, ou une incohérence jaillit dans votre esprit et là, vous vous posez des questions. Cela peut être des questions de définition, de faits ou de valeurs. Ensuite, vous devez observez le phénomène qui fait l’objet de votre questionnement à travers les lectures, l’actualité, les archives, les rapports, les statistiques, les interviews d’experts, les enquêtes, …etc. Enfin, fort de ces observations, vous pouvez apporter des réponses à vos questions, réponses condensées dans le livre.

Le problème avec plusieurs personnes, aspirants auteurs, c’est qu’elles ne comprennent pas que le livre est un format, un contenant et que le contenu restera toujours votre message, celui que vous souhaitez passer aux lecteurs. Ce message, vous le passez tous les jours à l’oral. Cela ne devrait pas, par principe, poser de problèmes lors du passage à l’écrit. Mais cela, c’est une autre histoire.

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Les stratégies d’écriture (3) : rendre « visible » les détails.

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Cette série sur les stratégies d’écriture s’inspire du « Writing Teacher’s Strategy Guide » de Steve Peha.

Dans le premier billet de cette série, nous avons parlé des détails où j’affirmais que c’était une réponse aux questions que le lecteur se posait. Chiffres, statistiques, anecdotes, interviews, photo reportage, histoires et autres participaient de détails pouvant répondre aux questions de lecteurs.

Ici, les détails concernent beaucoup plus des détails qui peuvent permettre aux lecteurs de se faire une image mentale de ce qu’on exprime, ou de l’idée exprimée.

Prenons un extrait du roman de Franck THILLIEZ, Vertige, publié à Fleuve Noir en 2011.

« La tente se dresse là, elle m’attend. Elle est rouge comme du sang. Elle ne sert à rien, il y règne un froid aussi cru qu’à l’extérieur, mais cette tente, c’est l’écran qui limite le regard, aide à oublier l’hostilité de l’endroit, qui isole et rappelle, dans sa simplicité, la chaleur d’un foyer. »

Si vous avez l’habitude de lire les romans, vous verrez ce genre de descriptions… En réalité, c’est une autre façon de présenter les détails. Cela sied naturellement à la narration et au détour d’un chapitre de votre livre, vous pouvez être amené à rendre « visible » les détails.

Il s’agit d’amener le lecteur à saisir, à « voir » les moindres détails juste en vous lisant. Ainsi, vous promenez le lecteur dans une scène juste avec les mots. En vous lisant, c’est comme s’il le vivait au ralenti.

Le meilleur moyen, selon Steve Peha, pour arriver à « montrer » les détails en de :

  • Réfléchir aux détails que vous voulez mettre en exergue,
  • Fermer les yeux et faire une image de cela dans votre tête, en clair visualiser,
  • Faire une liste mentale de tout ce que vous « voyez » dans l’image, de tout ce que vous venez de visualiser,
  • Pour finir, lors de l’écriture, faites une description de tout ce que vous avez « vu » dans la tête.

A ce propos et comme à son habitude, Steve Peha propose un graphe pour vous faciliter la tâche :

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Vous devez arriver à dessiner une image dans la tête du lecteur, avec simplement des mots.

Vous pouvez mieux vous entrainer à cette stratégie en parcourant la littérature, beaucoup plus les romans qui contiennent nombre de façons de rendre “visible” des détails. En relevant plusieurs passages, en notant les techniques employées pour rendre « visible » des détails, vous allez mieux être aguerri pour bien le faire lors de l’écriture de votre livre.

Pour terminer ce billet, prenons le roman de Michel Houellebecq, La Carte et le Territoire, publié en 2010 aux éditions Flammarion. A la page 9, on a ceci :

“Derrière eux, une baie vitrée ouvrait sur un paysage d’immeubles élevés qui formaient un enchevêtrement babylonien de polygones gigantesques, jusqu’aux confins de l’horizon ; la nuit était lumineuse, l’air d’une limpidité absolue. On aurait pu se trouver au Qatar, ou à Dubaï ; la décoration de la chambre était en réalité inspirée par une photographie publicitaire, tirée d’une publication de luxe allemande, de l’hôtel Emirates d’Abu Dhabi.

Ou encore page 151 :

“L’Estuary Café avait ces mêmes qualités de sobriété et d’ampleur qu’il avait remarquées dans le reste de l’édifice : les tables rectangulaires, en bois sombre, étaient très espacées, bien davantage que dans un restaurant de luxe aujourd’hui ; elles avaient été conçues pour que six personnes puissent s’y asseoir à l’aise. Jed se souvint alors que les années 1950 avaient été, aussi, celles du baby boom.”

Dans le premier extrait, un autre auteur pouvait juste dire que “Derrière eux se trouvait une baie vitrée”. De même que dans le second extrait, un autre auteur aurait juste pu écrire que le personnage principal; ici Jed, a pris son petit-déjeuner à l’Estuary Café.

C’est pour cela que Steve Peha a baptisé son graphe en “Tell” et “Show”, qu’on peut traduire par “Dire” et “Montrer”. Ce qui se résume tout simplement à “montrer au lieu de dire”. Nous allons aborder une autre stratégie dans un prochain billet.

 

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Les stratégies d’écriture (2) : Développer une idée

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Cette série sur les stratégies d’écriture s’inspire du « Writing Teacher’s Strategy Guide » de Steve Peha.

Dans un livre, il peut arriver que vous exprimiez vos opinions. Dans ce cas, il faut que vos opinions aient un sens aux yeux des lecteurs. L’expression de vos opinions doit être claire à la lecture, pour éviter de confondre le lecteur.

Le meilleur moyen, selon Steve Peha, d’exprimer vos opinions est d’utiliser la stratégie du « Quoi – Pourquoi – Comment ». Ainsi, cette stratégie consiste à répondre aux questions suivantes :

  • QU’Est-ce que vous pensez ? : La réponse à cette question recueille votre opinion.
  • POURQUOI vous pensez cela ? : Il y a toujours une raison ou des raisons qui ont motivé ou vous ont conduit à avoir cette opinion.
  • COMMENT savez-vous cela ? : Il faut des preuves à ce que vous avancez. Votre opinion doit être soutenue par des exemples, des preuves, des références, des citations, des statistiques, descriptions, …etc.

Pour conclure, une opinion exprimée doit avoir de bonnes raisons et des preuves solides. Pour faciliter cette démarche, Steve Peha a conçu un graphe dont vous pouvez en avoir un aperçu :

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Avec ce graphe, vous avez facilement vos paragraphes. Un paragraphe sera constitué d’une opinion, de raisons et des supports à votre opinion.

Tout le monde a des opinions. Et les raisons qui vont avec. Le plus difficile est de soutenir vos opinions. Et c’est là qu’on trouve la faiblesse de nombre d’auteurs.

Donc il faut prendre la peine de bien travailler le support de vos opinions. La raison est plus générale et la preuve est plus spécifique. Si vous dites par exemple que « La ville de Chicago meurt », vos raisons peuvent être l’élévation du taux de criminalité et du taux de chômage. Pour soutenir cela, vous pouvez employer les travaux de tel institut de statistique où il ressort qu’on a 15 meurtres pour 1 000 habitants, taux le plus élevé au monde, et un taux de chômage de 35 % dont 60% pour la tranche des 18-25ans…etc. Ce sont des exemples fictifs pour illustrer la démarche. D’ailleurs, si vous avez l’habitude de lire les journaux, vous verrez bien cette stratégie. De même, lorsque vous regardez les journaux télévisés ou les reporters, vous verrez que les journalistes alternent chiffres des instituts de statistiques, interviews d’experts, témoignages de populations,…etc. C’est la même chose que vous devez faire par écrit.

Terminons ce billet avec une illustration. J’ai l’habitude de jeter un coup sur les “Flash Economie” de NATIXIS CIB. Je vais prendre l’exemple du Flash Economie n°729 de ce jour. Je vous passe les détails de l’article puisque mon objectif est de mettre en exergue la différence qu’il y a entre raisons et preuves dans l’expression d’une opinion. J’ai bien dit plus haut que la raison est plus générale et la preuve plus spécifique. Dans ce “Flash Economie”, prenons cet extrait :

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C’est l’une des raisons avancées par l’auteur pour justifier pourquoi on va passer d’une “volatilité haute fréquence à une volatilité basse fréquence” comme l’indique le titre de cette note de recherche :

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Une fois la raison avancée, qui est la liquidité mondiale qui croit très rapidement, l’auteur qui n’est autre que Patrick Artus  présente une preuve plus spécifique pour soutenir la raison avancée :

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La preuve ici est les 2 graphiques que vous voyez. Et sur chaque graphique, les sources sont inscrites. Si vous parcourez cette note, vous verrez que pour chaque raison avancée, des “preuves” sont présentées.

Un journaliste peut écrire son article en reprenant comme raisons et preuves des extraits de la note de recherche de Patrick Artus, qu’il pourra, s’il le veut, croiser avec les notes d’autres chercheurs. Ou s’appuyer dessus pour conduire des interviews à d’autres experts, question de recueillir leurs avis. Et à partir de ces recueils, se faire une opinion qu’il publiera dans son journal, en accompagnant sa rédaction de tous les matériaux réunis.

C’est une démarche que je trouve honnête. Si quelqu’un contredit votre opinion, il faudra qu’il amène des preuves. Ou s’il trouve vos “preuves” pas assez suffisantes pour avancer de telles raisons, il pourra ouvrir le débat.

Voilà ainsi une autre stratégie pour construire un paragraphe. Ce sont les paragraphes qui donnent des chapitres, et les chapitres un livre. Pensez-y toujours, à commencer par le plus petit. En pensant uniquement au livre, on se dit que c’est bien difficile de terminer mais en commençant par des paragraphes, on y arrive toujours.

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Les stratégies d’écriture (1) : Ajouter des détails.

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Nous allons aborder cette série sur les stratégies d’écriture en s’inspirant du « Writing Teacher’s Strategy Guide » de Steve Peha.

J’ai affirmé dans mes précédents billets que celui qui écrit, par rapport à celui qui parle, n’a que les mots comme canal de communication. Les mots sont composés en phrases, les phrases en paragraphes, les paragraphes en chapitres, et parfois ces chapitres sont regroupés en parties. Ce qui lie tout cela, ce sont les idées, le message qu’on souhaite passer.

Un célèbre adage dit que “le diable se trouve dans les détails”.

Lorsque vous écrivez un livre, il ne suffit pas d’avoir de bonnes idées ; Il faut aussi savoir les soutenir. Sinon, on aura vite fait de jeter l’opprobre sur vos écrits. Si vous dites par exemple « La Chine est la première puissance économique et militaire du monde », «L’amour est un mensonge », ou encore « la jeunesse est dépravée », il vous faudra entrer dans les détails pour soutenir votre idée. C’est quoi alors un détail ?

Le détail est la réponse à une question que peut se poser un lecteur. Il ne suffit d’asséner le lecteur avec vos idées. N’importe quel lecteur souhaite savoir pourquoi vous affirmez tel propos. Si vous dites que la Chine est première puissance économique, apportez les détails qui viendront soutenir cette idée. Si vous écrivez sur un fait que tout le monde « ressent », le lecteur aimerait bien que vous apportiez des détails. Son ressenti peut être basé sur des observations parcellaires et il pourra, une fois vos détails digérés, se retrouver, se corriger ou même apprendre encore plus. Si par exemple, vous écrivez « La ville de Chicago meurt », le lecteur peut avoir un récent passé de visiteur de cette ville où il observait peu de jeunes quand il circulait dans la ville, des maisons abandonnées, des zones non électrifiées, plusieurs mendiants agressant dans la rue pour quelques centimes de dollars,…etc. Même s’il n’a pas visité cette ville, il a pu voir un reportage à la télé. Si ce lecteur lit votre livre, il attend des détails qui contiennent au minimum ce qu’il a vu et qui va même plutôt loin. Il attend que vous parliez de l’exode massif des jeunes, de la paupérisation de la population et du vieillissement des infrastructures. Chiffres, statistiques, anecdotes, interviews, photo reportage, histoires,…etc. Tout cela participe de détails pouvant répondre aux questions de lecteurs. De plus, plusieurs lecteurs, ceux qui achètent votre livre, sont le plus souvent des avertis ou des intéressés du thème ou du sujet abordé par le livre. Ils peuvent en avoir une idée sommaire ou vague. Ainsi, ils souhaitent avoir plus de clarté et de précision en achetant le livre. Cette clarté et cette prévision ne peuvent venir que du niveau de détail apporté.

Steve Peha de TTMS (Teaching That Made Sense) a ainsi développé un graphe en T pour permettre aux auteurs de pouvoir facilement présenter les détails pour soutenir ce qu’ils écrivent. Ce graphe est divisé en deux, avec d’un côté les idées, et de l’autre côté les détails. Chaque fois que vous posez par écrit une idée à gauche, vous remplissez les détails à droite.

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Comme vous pouvez le voir, vous devez penser à votre audience en présentant les détails. Le problème qui se pose toujours est jusqu’à quel niveau de détail vous devez aller car s’il y a une chose que je ne vous ai pas dit, c’est que vous pouvez considérer un détail comme une idée… là, vous avez le détail du détail. C’est pour cela que vous devez intégrer, penser à votre audience dans la présentation des détails.

La meilleure façon d’avoir des détails est de recourir au modèle « Qui, Quoi, Quand, Comment, Où, Pourquoi ». Steve Peha affirme que son expérience l’amène à penser que répondre aux questions du « Pourquoi » et du « Comment » apportent plus de détails.

Chaque idée avec ses détails peut facilement être utilisée pour former un paragraphe. De paragraphe en paragraphe, on a nos chapitres. Et tout cela joint, on a un livre. Rien de difficile. C’est ce à quoi nous sert une stratégie d’écriture, à écrire plus facilement.

Pour mieux illustrer cette démarche, prenons le livre de Thomas Piketty, le « Capital au XXIe siècle ». On retrouve, sur la page de l’auteur des slides de présentation du livre, slides dont sont extraites mes illustrations. Pour commencer, l’auteur présente son intention. Nous avons déjà eu à parler de l’importance de l’intention qui doit intervenir avant la première ligne du livre. Vous pouvez retrouver ce billet ici. Revenons à l’intention de Thomas Piketty :

« Dans ce livre, j’étudie l’évolution historique de la répartition des revenus et des patrimoines depuis le 18e siècle dans plus de 20 pays; »

Je passe la suite liée à la structure du livre. Prenons un point de cette présentation.

« 1. Le retour d’une société patrimoniale dans le Vieux monde (Europe, Japon). Les ratios patrimoine/revenu semblent retourner vers de très hauts niveaux dans les pays de croissance faible. Intuition: dans une société de croissance lente, les patrimoines issus du passé prennent naturellement une grande importance. Cela peut concerner à terme l’ensemble de la planète. »

L’idée principale ici est le retour d’une société patrimoniale. Une fois l’idée présentée, il faut apporter aux lecteurs les détails en répondant aux questions « Pourquoi » et « Comment ».

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On constate ainsi :

  1. Dans le premier carré, une définition du patrimoine,
  2. Dans le deuxième carré, une présentation du ratio patrimoine-revenu, c’est un indicateur. L’indicateur est un outil d’appréciation. L’auteur précise « dans les manuels d’économie » pour signifier que cet indicateur est validé par la théorie économique.
  3. Dans le troisième carré, il donne les chiffres de cet indicateur pour les années 1950-1960 et 2000-2010 dans le Vieux monde (Europe et Japon).
  4. Dans le troisième carré, il interroge ces chiffres du Vieux monde à lumière des chiffres des 18 e-19 e siècles.

Cette mise en rapport vise à soutenir l’idée du « retour ». Puisque la société patrimoniale des 18 e-19 e siècles avait ces ratios, si on a les mêmes ratios aujourd’hui, on peut bien affirmer un retour de la société patrimoniale.

Nous allons nous arrêter ici même comme l’auteur ne s’arrête pas là. Il apporte plus de détails. Vous pouvez toujours télécharger les slides pour la suite. Cela vous permettra d’observer comment on peut soutenir une idée.

Nous allons continuer avec cette série en présentant demain une autre stratégie. La publication exceptionnelle de Samedi vise à respecter mon quota de 5 articles par semaine, puisque je n’ai pas publié hier. C’est la discipline qui mène au succès. Et cela est aussi valable si vous voulez publier votre premier livre.

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La pré-écriture facilite l’écriture

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Je viens de tomber sur un livre consacré à la pré-écriture, Writing Warm Ups: 70 Activities for Prewriting de Tom Abigail et Heather McKay. Ce livre a été publié en 1998 par Alta Book Center. A en juger par la couverture du livre, il s’adresse beaucoup plus aux jeunes d’études secondaires qu’aux adultes. Mais détrompez-vous car vous y trouverez votre compte.

Lorsque vous avez bien préparé la pré-écriture, l’écriture se fait plus facilement. Le problème avec beaucoup d’auteurs est qu’il mélange la pré-écriture et l’écriture. En même temps qu’ils font la recherche, ils écrivent le livre. En même temps qu’ils collectent les données, ils l’intègrent dans leur manuscrit. Ce qui fait qu’à la fin, ils n’ont plus le détachement, le recul pour voir l’utilité de chaque élément intégré dans leur manuscrit. L’avantage en dissociant la pré-écriture de l’écriture vient tout simplement du fait que cette première phase vous donne un plan, une organisation. Organisation que vous suivez lors de la phase d’écriture. C’est pour cela que la phase de pré-écriture est très importante et son contenu varie d’un auteur à l’autre. Dans tous les cas, les variations sont mineures dans la littérature anglo-saxonne. Par contre, dans la littérature francophone, cette phase de pré-écriture est la plus souvent résumée à la phase de recherche. Vous verrez ainsi la majorité de manuels de rédaction qui demande, une fois le sujet choisi, de faire des recherches, prendre des notes et puis écrire. Avec des allers-retours dans la mesure où vous pouvez écrire et retourner faire une recherche. Donc, ce n’est pas une séquence linéaire.

Par contre, dans la littérature anglo-saxonne, la pré-écriture est plus vaste et ne se limite pas simplement à une simple activité de recherche. Don Murray a ainsi estimé que cette étape devait prendre 85 % du temps de l’auteur alors que l’écriture n’avait qu’un petit 1% ! Les 14% restants revenant à la révision.

Pour revenir à notre ouvrage, Writing Warm Ups: 70 Activities for Prewriting de Tom Abigail et Heather McKay, il faut dire que cet ouvrage est exclusivement consacré à la pré-écriture avec, comme son titre l’indique, pas moins de 70 activités consacrées à la pré-écriture. Ses activités sont des exercices, ou si l’on veut, des travaux dirigés destinés à vous amener à bien exécuter cette phase de pré-écriture. C’est dire que le livre est résolument pratique. D’ailleurs, les auteurs ne cachent pas que leur livre s’adresse en priorité aux enseignants d’anglais, que ce soit en cycle secondaire ou universitaire.

L’ouvrage se divise en deux parties : une première partie traite des activités de “focus” et la deuxième partie traite des activités d’organisation.

Dans les activités de focus, il est question de sujets que nous avons déjà abordé dans ce blog avec l’intention et l’audience. Cette partie est ainsi divisée en quatre unités :

  • L’audience,
  • L’intention,
  • Le point de vue ou l’opinion,
  • Le focus.

Les activités d’organisation sont aussi réparties en quatre unités :

  • La classification,
  • La séquence,
  • La cause et l’effet,
  • La comparaison et le contraste.

Nous allons ainsi aborder successivement chaque unité.

1. L’audience

Dans toute situation de communication, on a une audience. Cela peut être une personne, deux, trois voire plusieurs personnes. Lorsqu’on se trouve en situation de communication orale, on est face à notre audience et en fonction de cette audience, on sait comment ajuster notre message. Si on est face à un ami, on sait par exemple quel ton employé. De même, on sait varier ce ton et bien choisir les mots lorsqu’on se trouve devant notre Directeur, devant un Ministre. Nous jouons des variations face une audience, que ce soit au niveau du ton, des mots employés, du style de langage…etc.

Lorsqu’on écrit, on n’est plus face à une audience, nous ne pouvons pas voir notre audience. Alors, il nous arrive de ne plus marquer ces variations dans notre écriture. Ce qui fait qu’on observe la plupart des cas des situations où on a l’impression que l’auteur a écrit son livre pour lui-même. Cela vient tout simplement du fait que l’auteur, n’ayant pas en tête son audience, a fait un monologue écrit. Il parlait avec lui-même lorsqu’il écrivait.

On doit toujours répondre à la question : « Pour qui on écrit ? ». C’est pour cela que prendre en compte l’audience permet de discipliner la manière dont vous écrivez. Si votre produisez un livre sur un domaine très technique, et que votre audience cible est de niveau débutant, vous devez prendre la peine de définir les mots et surtout d’user d’analogies pour permettre à votre audience de saisir le sens de vos approches. Un ouvrage de vulgarisation de la science n’a rien à voir avec un ouvrage du programme pour scientifiques. C’est pour cela qu’il faut clarifier son intention.

2. L’intention

Clarifier l’intention consiste à répondre à la question : Pourquoi on écrit ? J’ai tendance à croire que l’intention précède l’audience. Nous pouvons écrire pour :

  • Informer,
  • Eduquer,
  • Convaincre,
  • Attirer l’attention ou alerter sur un sujet précis,
  • Critiquer une prise de position,
  • Partager ses expériences,
  • Vulgariser un sujet très technique,
  • Faire rire, …etc.

On peut avoir plusieurs intentions lorsqu’on écrit. Par exemple, on peut faire rire en éduquant, ou faire rire en informant… un peu comme le font les comiques ou les caricaturistes.

Une fois votre intention principale arrêtée, il faut définir une stratégie ou du moins, une démarche pour accomplir cette mission.

3. Le point de vue

Ici, on répond à la question : « Qu’est-ce que vous comptez apporter pour atteindre votre intention ? ». Il y ‘a d’un côté ce que l’audience attend de vous et de l’autre ce que vous comptez leur apporter. Ce qui fait souvent la différence, c’est la manière, ou la méthode employée pour atteindre votre but. C’est pour cela que dix (10) livres peuvent sortir sur un même sujet mais un ou deux se démarquent et sont appréciés.

4. Le focus

Ce terme est généralement associé à la concentration. Il s’agit de bien préciser les contours du sujet du livre, sans ambiguïtés pour éviter de verser dans la généralité. Si votre sujet n’est pas précis, vous allez le survoler dans l’ouvrage. Si vous ne le survolez pas, deux dangers vous guetteront : soit vous allez produire un ouvrage si volumineux qu’on aura de la peine à ne pas le confondre avec une encyclopédie, soit vous aurez tellement de choses à écrire sur le sujet que le livre ne sera jamais terminé. C’est pour cela qu’on doit être précis pour le sujet du livre, pour éviter la dispersion.

5. La classification

Avec ce point, nous abordons l’organisation. Les quatre (04) derniers points seront assez brefs puisque j’ai abordé l’organisation de manière détaillée dans un billet que vous pouvez retrouver ici. Brièvement, il s’agit de regrouper les items en ensembles qui partagent les mêmes caractéristiques. Les critères et les catégories retenues pour regrouper peuvent varier d’une personne à l’autre. L’important est que cette classification facile le regroupement de vos idées et apporte de la clarté dans votre exposé.

6. La séquence

Quand on parle de séquence, on se réfère le plus souvent à quelque chose qui est soumis à un enchainement linéaire avec un début et une fin. La séquence chronologique est certainement la séquence la plus connue, celle où on organise nos idées suivant leur apparition temporelle. Néanmoins, il existe des séquences numériques, géométriques et spatiales. Vous pouvez aussi créer votre propre séquence. Par exemple, si vous voulez présenter l’évolution d’une épidémie, vous pouvez adopter une séquence chronologique comme vous pouvez adopter une séquence spatiale ou géographique, en montrant comment l’épidémie va d’une zone à l’autre.

7. La cause et l’effet

On peut aussi organiser nos idées en présentant les causes d’une part, et les effets d’autre part. Cette organisation est le plus souvent difficile dans la mesure où démêler la cause et l’effet d’un phénomène n’est pas chose facile. Un effet peut être la cause d’un autre phénomène, de même que la cause d’un phénomène peut masquer d’autres causes… On a le plus souvent recours aux tests statistiques pour démêler le tout. Si vous n’avez pas la compétence technique pour le faire, la présentation de vos causes et effets sera toujours jugée arbitraire.

8. La comparaison et le contraste

Pour faire une comparaison, il faut définir un critère que vous allez utiliser pour juger, faire des comparaisons ou ressortir des contrastes. Tout tourne autour du ou des critères de comparaison retenus. Ce sont ces critères qui guident vos idées, votre collecte des données. Aux critères de comparaison, vous allez aussi définir des normes de jugement. C’est à partir de ces normes que vous allez ressortir les contrastes. Prenons l’exemple où vous comparez deux pays, du moins l’économie de deux pays. Vous pouvez prendre comme critère le PIB (Produit Intérieur Brut). Avec ce critère, vous comparez l’économie des deux pays. Mais pour ressortir le contraste, il va vous falloir une norme pour juger. Doit-on juger une économie plus grande que l’autre parce que son PIB est supérieur ?

Toutes ces activités vous permettent de roder le sujet, d’en définir les grandes lignes, de ressortir des idées. C’est cela qui facilitera l’écriture de votre livre. Rappelez-vous surtout que la pré-écriture représente 85% et l’écriture 1%.

Seulement, les activités que recouvrent la pré-écriture varient d’un auteur à l’autre. Nous allons ainsi aborder, dans un prochain billet, l’approche d’autres auteurs.

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La grammaire : quatrième pilier de l’écriture (3) – La ponctuation

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Nous continuons notre série sur la grammaire en abordant la ponctuation.

J’ai dès le début de cette partie, insister sur le fait que vous devriez disposer d’une collection comme le Bescherelle des éditions Hatier. Si vous voulez aller loin et produire plusieurs ouvrages en langue française, j’insiste pour que vous l’ayez à votre chevet.

J’insiste sur ce point pas parce que je suis un agent commercial des éditions Hatier. Mon insistance se justifie à la lumière de la présentation faite sur la ponctuation dans l’ouvrage “Grammaire pour tous” de cette collection : présentation claire et limpide.

Je me suis senti obligé de faire des copies que je vous présenterai plus bas. Je n’ai pas voulu singer en paraphrasant… Cela ne me paraissait pas honnête. Les éditions Hatier et les auteurs me pardonneront cette “grossière” copie mais je pense que les lecteurs de cet article, à la lumière de la présentation claire, rendront justice en achetant une copie de cet ouvrage. Mon exemplaire a été publié en 2006 et je compte actualiser ma bibliothèque et pourquoi pas souscrire aux applis disponibles.

Voilà comment les auteurs de “Grammaire pour tous” présente la typographie :

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Cette présentation correspond à la mise en correspondance que je défend entre l’oral et l’écrit.

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Je me trouve souvent embarrassé car je me demande si le lecteur maitrise ces règles… Mais la politesse et le respect envers ceux qui nous lisent exige qu’on soit pointilleux. Donc il faut savoir à quoi sert les dix (10) signes de ponctuation.

La virgule

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Le point-virgule

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Les deux points

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Le point

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Le point d’interrogation

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Le point d’exclamation

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Les guillemets

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Les parenthèses

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Les tirets

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Les points de suspension

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Voilà pour les dix points de suspension. Vous observez la clarté et la limpidité de la présentation. Cet ouvrage donne du sens à l’emploi d’un signe de ponctuation. Il comprend, pour l’édition de 2006 que je dispose, 27 chapitres qui couvrent la grammaire. On peut trouver trouver une récente édition de 2012 à Amazon.