Echec…et Mat!

Cela fait plus d’un an que j’ai mis en place ce blog, ceci afin d’aider, accompagner tous ceux qui voulaient ouvrir un blog et surtout, gagner des revenus grâce à un blog. J’étouffais de voir certaines personnes recycler de l’information disponible et gratuite en “formations” et surtout les vendre à prix d’or. Mais c’était sans compter sur un principe de base : les Hommes pour la plupart aiment bien être accompagné dans un territoire qu’ils ne maîtrisent, ceci pense-t-il, pour faire le moins d’essais et erreurs possibles. Oubliant à l’évidence que tous ces blogueurs formateurs trainent derrière eux des années d’essais et d’erreurs.

J’observais aussi une diabolisation croissante du travail sur le web venant de plusieurs blogueurs. Et à travers cela, ils vendaient un style de vie qui, dans l’imaginaire, anime naturellement tout être humain. Tout le monde rêve de ne plus être soumis aux difficiles horaires de boulot, tout le monde rêve de ne plus travailler, de gagner d’énormes sommes d’argent, de passer plus de temps à la plage, en famille et surtout de faire vraiment ce que l’on aime comme activité. Je le répète, cela trône dans l’imaginaire de chacun. Pour arriver à leurs fins, ces blogueurs mettent en scène ce style de vie en présentant des photos où ils se pavanent à la plage et présentent tout en bas une « formation » ou un « livre » où il sera question de vous montrer le « secret » qui leur a permis de se « libérer » de leur boulot et d’être « indépendant » financièrement.

J’ai tellement vu ces annonces et je dois l’avouer, cela m’a fait sourire au début, seulement au début. Et plus le temps passait, et plus je constatais que ces entrepreneurs de l’imaginaire florissaient dans leur business. Vous voyez les mêmes aujourd’hui et trois ans plus tard, vous les revoyez revendant leurs mêmes sauces, sans que personne ne se pose la question de savoir comment un secret diffusé n’a pas permis l’éclosion d’autres indépendants, d’autres « libérés » du boulot.

Je ne me suis pas seulement limité à l’observation. J’ai entrepris une enquête sur le sujet avec des preuves éclatantes de supercherie avec un billet intitulé “La vente de rêve : décryptage d’une arnaque par un cas pratique”. Ce billet a été de loin le plus visité de mon blog.

Cette exploitation de la volonté de tout un chacun d’être indépendant financièrement et professionnellement n’est pas isolée. Dustin Moskovitz, co-fondateur de Facebook, a commis tout un article intitulé “Good and Bad Reasons to Become an Entrepreneur” qui m’a marqué, tant ce qui est décrit est conforme à la réalité, loin des stéréotypes lus ici et là. De quoi est-il question dans cet article?

Dans cet article, Dustin Moskovitz qu’on ne présente plus puisqu’il est non seulement co-fondateur de Facebook, mais aussi co-fondateur ou fondateur d’autres startups, relève un phénomène qui l’a surpris. Dans l’imagerie populaire, on associe souvent le statut d’entrepreneur avec la séduction, le succès, la flexibilité au niveau de l’emploi du temps, la richesse, la stature du grand boss,..etc. Et il fait porter la responsabilité de cette imagerie populaire aux médias, qui à travers les reportages faits sur certains succès, ne présentent qu’un côté reluisant alors qu’il n’en est rien. Et tout au long de l’article, il met en garde de jeunes entrepreneurs qui pensent trouver richesse, flexibilité, succès et autres dans l’entreprenariat de réfléchir à deux fois avant de s’y lancer. L’auteur est bien placé pour le dire. Et il affirme même, preuves à l’appui, que cette richesse, cette flexibilité ou ce succès tant recherché, on peut les obtenir même en étant salarié d’une grande entreprise.

Pour ma part, je constate avec effarement que plusieurs blogueurs professionnels suivent la même voie des médias que dénoncent Dustin Moskovitz : ils encensent l’activité de blogging au point de demander à certains d’abandonner leur boulot pour s’y consacrer à plein temps. Et vous verrez plein d’interviews pullulés sur Internet, des photos de plage, d’hôtels, de demeures paradisiaques. Et certains crédules d’y croire. Seulement, plusieurs vous présentent ce tableau idyllique avec un seul et unique conseil : souscrivez à leurs formations. Grâce au fric ainsi gagné, ils pourront multiplier les escapades avec photos et appâter d’autres crédules. La chaine est ainsi bouclée.

Croyez moi, le phénomène n’a pas baissé. Plusieurs continuent de se faire appâter. Tous ces blogueurs formateurs inscrivent toujours dans les mentions légales de leur site une clause de non responsabilité quant aux gains promis. Ils vous promettent le changement mais ne sont pas responsables si le changement n’arrivent pas. On invoquera plusieurs facteurs le moment venu comme par exemple le fait que vous n’ayez pas appliquer scrupuleusement les conseils ou que vous l’ayez fait trop tard…Les raisons ne manqueront pas. Vous êtes gagnant à tous les coups à ce jeu : vos promesses vous procurent un gain, et la clause de non responsabilité vous dédouane s’il n y a pas gain.

Donc, mon but était principalement de dissuader ceux qui veulent laisser tomber le boulot pour le blogging de ne surtout pas le faire. Le blogging est important, moi même j’y suis dedans. Mais cela doit être fait de façon réfléchie sans prévision de revenus. Laissez vous surprendre par le meilleur que d’être surpris par le pire.

Je pense que j’ai fait de mon mieux à ce jeu. Et à présent, après plus de 6 mois d’absence, je souhaite passer à autre chose.

En effet, depuis le 03 Juin 2015, je n’ai pas publié de billet dans ce blog. Tous ces 6 derniers mois, je l’ai mis à contribution pour me préparer à une autre expérience en ajoutant un cran au dessus de ce que j’ai eu à faire jusqu’ici. J’ai décidé de passer à un blog personnel avec domaine personnalisé, www.dpetga.com. Cette nouvelle adresse me permettra d’injecter de nouvelles expériences. Ce blog en a été une, l’expérience de 2015. www.dpetga.com portera l’expérience de 2016.

Pour ceux qui veulent se lancer dans le blogging, je vous conseille de lire cet article, “Content, Shares, and Links: Insights from Analyzing 1 Million Articles”. Cela pourrait aider dans la définition du format des articles à publier et surtout réduire le risque de mort prématuré de votre blog.

Je termine en vous remerciant pour le soutien tout au long de cette aventure. N’hésitez pas à vous lancer dans de projets pour la nouvelle année, que ce soit en lançant un blog, en écrivant un livre, une app ou autres. Ce n’est pas toujours le résultat qui compte, l’expérience qu’on gagne par les différentes approches testées pour atteindre ce résultat compte aussi. Même si on n’obtient pas le succès escompté, cette expérience peut être utile dans un autre domaine.

Bonne et Heureuse Année 2016.

Mes Mentors actuels : Robert Greene, Michel Volle, Jacques Bouveresse & Nicholas Nassim Taleb

angry-640314_1280

Un adage que j’ai plusieurs fois écouté en visionnant les films d’arts martiaux, le plus souvent de production asiatique, affirmait qu’un “disciple finissait toujours par rencontrer un maitre une fois prêt”. Cela veut dire que vous allez toujours rencontrer des personnes dont vous épousez sans le vouloir les conceptions du monde, l’approche dans l’interprétation des évènements, ou la philosophie de vie…etc. C’est pour cela que l’exercice biographique ne peut se départir de l’étude de la filiation intellectuelle.

Pour ma part, à force de lire, je n’ai pour le moment pu dénicher que 4 auteurs donc j’estime avoir le devoir de collecter tous les travaux afin de les lire et relire car ils constituent des boussoles pour ma pensée. Il s’agit de Robert Greene, Michel Volle, Jacques Bouveresse et Nicholas Nassim Taleb.

Robert Greene, je l’ai découvert à travers son livre “The 48 Laws of Power” et j’ai apprécié l’approche de cet auteur. Et depuis, je suis en pleine lecture de “The Art of Seduction”. J’aurai aimé lire ses livres quand j’étais plus jeune…Ce sont des trésors de sagesse.

Michel Volle, je l’ai découvert à partir de son blog personnel et surtout lors de la publication de son livre “De l’informatique”. Abonné à son blog, je lis religieusement chacune de ses publications. A travers son cas, j’ai pu comprendre que les bonnes idées ne se suffisent jamais à elles seules. Il faut penser aux canaux pour les diffuser. Depuis des années que ce monsieur présente de bonnes analyses sur cette nouvelle révolution “industrielle”, il en est réduit à se répéter chaque année en collectant chaque jour des faits nouveaux pour étayer cette intuition qui n’en est plus une aujourd’hui, au regard des possibilités que nous découvrons chaque jour avec l’informatique qui transforme tous les pans entiers de l’économie.

Jacques Bouveresse est un auteur que j’ai découvert à l’occasion de la controverse née lors de la sortie du livre Impostures intellectuelles d’Alan Sokal et Jean Bricmont, controverse où il n’était pas facile de séparer la raison de l’émotion. La balance penchait beaucoup plus du côté de l’émotion et Jacques Bouveresse par son livre Prodiges et vertiges de l’analogie avait, à mon sens, équilibré les choses en y apportant un peu plus de raison. De là, j’ai pu balayer ces publications et c’est naturellement à travers lui que j’ai découvert la philosophie analytique. Tradition, doctrine ou méthode, c’est un style philosophique que j’apprécie naturellement, loin des styles que j’ai rencontré lors de mes études qui confinaient le plus souvent, de mon point de vue, à un exercice de jeu de mots…Malheur à vous si vous osez interroger le sens de ces textes. Qui êtes vous donc pour douter de ce grand philosophe? Je ne suis pas sûr que certains philosophes seraient d’accord avec la façon de présenter et d’enseigner leurs pensées. A l’observation, on serait tenté de préférer l’exégèse biblique. Heureusement, la philosophie analytique a été ma porte de sortie.

J’ai découvert Nicholas Nassim Taleb lors de la sortie de son livre à succès “The Black Swan : The Impact of the Highly Improbable” suivi de “Antifragile: Things that Gain from Disorder”. Les essais de Nassim Taleb sont intéressants pour vous donne une autre perspective dans votre regard des évènements, pour voir les choses différemment.

Un maitre n’apprend pas grand chose au disciple. Il permet au disciple d’établir des connexions entre des éléments qui semblaient disparates et confus dans son esprit. En lui offrant le fil d’Ariane qui permet de lier ses expériences diverses, il permet au disciple d’entrevoir un sens au chemin parcouru jusqu’alors. Ce qui lui permettra ainsi de tracer sa propre voie.

Ces quatre auteurs donnent un sens à des intuitions qui fourmillaient à l’intérieur de moi, intuitions nées de diverses expériences vécues. Leurs écrits s’accordent parfaitement avec ma posture actuelle. Cela ne veut pas dire que j’épouse toutes leurs idées. Mais je trouve toujours du plaisir à les lire. Car la lecture est une partie de plaisir et non une corvée comme certains livres veulent le soumettre. On invoque souvent la profondeur des idées d’un livre pour justifier cette corvée mais détrompez vous. La plupart du temps, ce n’est souvent pas le cas. La plupart des classiques, d’Adam Smith, Pascal, Rousseau, Descartes et autres, sont des livres très faciles à lire : on y trouve du plaisir. Prenez la peine de télécharger ces classiques sur le site des Classiques des Sciences Sociales. Et vous verrez qu’on n’a pas besoin de singeries dans les mots pour présenter de puissantes idées. Même le livre de Keynes, qui a révolutionné les sciences économiques, est facile à lire.

Si vous ne trouvez aucun plaisir à lire un livre, rangez-le tout simplement. La vie est trop courte pour se plier aux caprices de certains auteurs.

Le dilemme du bon employé en entreprise ou comment les meilleurs arrivent à se faire vite virer

rome-484366_1280

Plus vous faites du bon travail, plus vous avez de travail et moins vous faites du bon travail à la fin.

N’avez-vous pas eu à constater ou à vivre ce fait en entreprise ou dans la vie?

Vous venez d’être embauché et vous faites du bon travail, vos délais sont toujours tenus, votre copie parfaite. Et la hiérarchie vous apprécie. Que se passe-t-il après? La conséquence est simple : plus de dossiers vous sont affectés par la hiérarchie tout simplement parce que sensibles, cette hiérarchie attend encore de bons résultats comme vous avez l’habitude de le faire. Et si vous réussissez encore à relever ce défi, à la suite, de plus en plus de dossiers vous sont affectés. Vous croulez sur les dossiers, vous vous battez à la mesure de ce que vous êtes tout simplement malgré votre énergie et vos talents : un homme.

Et un homme a toujours une limite. Vous arbitrez entre les dossiers et évacuez autant que vous le pouvez ce que vous jugez important ou urgent. On vous félicitera aujourd’hui pour la réussite de tel ou tel dossier mais demain, on vous tirera les oreilles pour l’arbitrage fait : pourquoi vous ne vous êtes pas investi sur tel dossier autant que l’autre, qui êtes-vous donc pour juger de l’importance ou de l’urgence de tel dossier par rapport à l’autre?

Et vous aurez vite fait d’énerver, d’embarrasser une partie de la hiérarchie, la partie qui n’a pas longue mémoire ou oublie vos prouesses d’hier. La partie dont la mémoire est moins courte, la minoritaire, vous pardonnera cette fois mais jamais 2 fois, en se disant que « ça peut arriver« , en balançant cet incident sur la malchance. Mais si ça arrive 2 fois, ce n’est plus la malchance, c’est vous.

En entreprise, il n y a pas de mémoire longue, encore moins moyenne. Compte tenu du nombre de dossiers sous vos mains, vous allez finir par faire une 2ème « erreur ». Cela est de trop! Vous n’êtes plus compétent, vous vous amusez maintenant. Vous êtes surpris et vous ne comprenez pas pourquoi on vous condamne alors que vous vous adonnez avec la même, sinon plus d’énergie qu’au départ. Pourquoi on vous cloue rapidement au piloris? Quelle ingratitude! Et c’est comme ça que vous engagez le chemin de la rébellion sourde qui vous mènera tôt ou tard à la porte.

Et c’est une fois hors de l’entreprise qu’on reconnaitra vos mérites. C’est pour cela qu’on observe souvent un employé se faire virer, et être rappelé après. Un employeur est toujours habitué à un indicateur qu’il juge bon et se satisfait quand on le dépasse. Si, une fois dans l’entreprise, vous levez la barre, il en voudra toujours plus. Et vous aurez toujours plus de pression, jusqu’à ce que vous finissiez par craquer. Et le découragement de l’employeur sera à la hauteur des attentes qu’il aura posé sur vous. Seuls les employés moyens font long feu, ceux qui se contentent juste de donner ce qu’on attend d’eux. Les excellents employés finissent à la porte, avec à la clé le mépris doublé de la joie de vos collègues qui voient ainsi aboutir des longs mois de refoulement d’une jalousie mal dissimulée.

Cette situation vaut aussi dans la vie personnelle. Plus vous donnez à un enfant, plus il en redemande. Vous avez donné le iPod? Il voudra le iPhone. Vous avez donné le iPhone, il voudra après le iPad… Si vous avez une compagne et vous lui offrez des bijoux? Il faudra aussi des sacs. Après les sacs? Des robes, des chaussures,…etc. Cette situation est vécue par plusieurs personnes qui ont l’impression que plus elles en donnent, plus on leur en redemande. Et ça finit toujours par une crise. Que faire face à cette situation?

Pour ma part, je règle le problème simplement : je ne donne jamais à 100% ce qu’on me demande. Vous allez dire que c’est trop facile ainsi dit. Probablement mais c’est la vérité. Devant une demande, je positionne toujours 2 options : soit elle n’est pas satisfaite entièrement à l’instant, soit elle est satisfaite mais pas au délai requis. Le but est de ne jamais jouer les super intelligents ou les super gentils…Bien sûr, avec cette approche, personne ne sera jamais satisfait, ni votre vis à vis, ni vous même. Votre employeur ne sera pas satisfait entièrement de vos résultats, votre compagne ne sera jamais entièrement satisfaite de vos démarches. Tant mieux, si cela vous permet de respirer un peu. C’est le prix à payer pour ne pas tomber dans cet engrenage qui finit toujours par vous asphyxier.

Réflexion sur l’approche de productivité de Derek Murphy

head-607480_1280

A la suite de la note de lecture publiée hier du dernier livre de Derek Murphy, “How to Stop Time: Superhuman Time Mastery Miracles that will Skyrocket Productivity and Motivation”, j’ai entrepris de mener une réflexion sur la stratégie actuelle pour ce blog à la lumière de cette approche.

En bref, Le fond du livre est simple : Il s’agit de créer des systèmes qui fournissent de la valeur, de telle sorte que vous puissiez vous en sortir et laisser ces systèmes continuer de produire de la valeur pour d’autres personnes et des revenus pour vous. Par exemple, si vous faites des vidéos payantes de formation sur Photoshop, cela résout un problème pour d’autres personnes et vous offre des revenus. De plus, vous avez ces revenus indépendamment de votre temps. C’est cela avoir plus de temps. Cette approche est assez proche de mon récent billet où j’affirmais que l’idéal d’une vie était de passer des revenus actifs aux revenus passifs. Les revenus passifs sont des revenus qui n’exigent pas votre présence physique pour être générés. Vous avez un emploi dans une entreprise et un revenu chaque mois, votre salaire. Si pour une raison volontaire ou involontaire, vous n’êtes pas à votre poste pendant 2 mois, croyez-vous que votre compte sera crédité pendant ces 2 mois ? J’en doute fort. C’est ce qu’on entend par revenu actif, un revenu lié à votre temps de travail, ou si on veut le dire trivialement, lié à votre présence physique.

Le seul système que j’ai pu créer est la publication du livre “Le Secret des Blogueurs Qui S’enrichissent” et les revenus n’ont pas assez suivi. Dans ce cas, même les besoins de subsistance ne pouvaient être couverts. Ce qui fait que je suis obligé de brader mon temps pour de l’argent à travers un emploi. C’est vrai que certains trouveront ce calcul tiré par les cheveux. Et c’est tout à fait normal quand on veut faire une carrière de ne pas se soumettre à ce genre de calcul. Il y a quelques mois, plus précisément en Septembre 2014, j’envisageais publier 2 livres. Ce qui n’a pas été fait. Il ne suffit pas de faire mais de faire marcher. Publier un livre sans avoir de ventes pousse à revoir sa stratégie. Il ne faut jamais abandonner son boulot pour le blogging, comme le conseillent certains blogueurs. C’est une grave erreur de le faire et Austin Kleon dans son dernier livre, Steal Like an Artist: 10 Things Nobody Told You About Being Creative préconise aussi ce conseil. Quelle stratégie adopter pour avoir plus de temps?

Pour y arriver selon Derek Murphy, 4 piliers sont nécessaires et vous pouvez les construire au même moment jusqu’à ce qu’une plateforme stable émerge. Ces piliers se résument en :

  1. Contrôler le rapport (ou relation) temps/argent,

  2. Créer de la valeur (utilité) indépendamment de votre temps et/ou,

  3. Gagnez 2 fois plus d’argent,

  4. Dédoublez-vous jusqu’à ce que vous ne soyez plus obligé de faire le travail.

La productivité n’est pas un problème de nombre de choses faites. Le réel problème auquel vous faites face est la façon dont vous échangez le temps avec l’argent. Si vous ne contrôler pas la relation entre le temps et l’argent, il vous sera difficile d’avoir plus de temps. Pour ce premier pilier, si je suis Derek Murphy, je ne devrais pas me contenter de publier un article par jour ouvrable. Mon seul indicateur serait mon taux d’échange de mon temps contre l’argent. Avec un article par jour dans ce blog, il est de zéro puisque je ne gagne même pas un sou.

Pour Derek Murphy, la procrastination est l’évitement de choses que nous devons faire mais qui ne nous plaisent pas. Pour solutionner définitivement les problèmes de motivation et de procrastination, il faut arrêter de faire les choses qui ne vous plaisent pas. En suivant ce conseil, je devrais me concentrer à l’écriture du livre sur l’économie de la défense qui me tient à cœur, et délaisser quelque peu ce blog.

Évitez d’être stressé que vous n’en faites pas assez de votre temps. Concentrez-vous plutôt à faire les bonnes choses. Cherchez constamment les moyens de gagner plus d’argent en travaillant moins. Pour ce pilier, je devrais avoir au minimum un produit à vendre tous les 2 mois. Ce qui n’est pas le cas pour le moment.

Pour pouvoir arrêter le temps, vous devez produire plus de valeur que ce que le temps vous alloue. On arrive à produire plus en apprenant ou acquérant de nouvelles compétences, en offrant des services et en formant d’autres à faire les tâches pour nous, en déléguant. Je suis abonné à plusieurs MOOCs à EDX mais je n’ai pas le temps de les suivre régulièrement. Je n’offre point de services et je ne délègue aucune de mes tâches pour le moment.

Que retenir donc ? En adoptant l’approche de productivité de Derek Murphy, je devrais :

  • produire un seul article par semaine,
  • me concentrer à l’écriture de livres qui me tiennent à cœur,
  • produire chaque mois quelque chose qui pourrait s’échanger contre de l’argent, un livre, une vidéo de formation, une application,…etc.
  • suivre les cours en ligne, en s’abonnant aux multiples MOOCs gratuits disponibles.

C’est une approche que j’adopterais dès le mois de Juin 2015, concomitamment au changement de plan pour ce blog, qui passera de gratuit à premium, avec une adresse de site web personnalisée.

La vie est trop courte pour se plier aux caprices de certains auteurs

Si on ne comprend pas les propos de certains intellectuels, ce n’ est pas forcement parce qu’on est ignorant ou malintentionné, cela peut être aussi parce qu’ on est simplement un peu plus exigeant que leurs lecteurs habituels (…)”

Jacques Bouveresse, dans “Prodiges et vertiges de l’analogie

hourglass-620397_1280

Lorsque Alan Sokal et Jean Bricmont ont publié leur livre Impostures intellectuelles, un torrent de critiques s’est déversé sur eux et l’on ne savait pas, à la lecture de ces critiques, séparer la raison de l’émotion. Jacques Bouveresse avait, à l’époque, apporté un peu de raison avec la publication de son livre Prodiges et vertiges de l’analogie. J’ai commencé la lecture des deux livres concomitamment et je m’étonne des critiques adressées à ce livre tant il est limpide et claire. Ce n’est ni normal, ni souhaitable que des gens du haut de leur piédestal ou de leur célébrité écrivent des bêtises et qu’on n’ai pas le droit de les critiquer sous prétexte que ce sont des sommités intellectuelles. Comme aujourd’hui, peu de personnes, même dans le milieu intellectuel, souhaitent vraiment travailler et se contentent d’être des disciples, si vous attaquez une sommité, il y en aura toujours pour prendre leur défense sous prétexte que vous ne comprenez pas l’auteur. Je rejoint Michel Volle qui, dans un de ses textes, dit qu’il “soupçonne certains philosophes, architectes, écrivains et artistes célèbres, dont la cote atteint les sommets, d’être des farceurs qui auront su habilement gérer leur notoriété.”

Quand on en est réduit à produire une collection de livres pour aborder le “vocabulaire” de tel ou tel auteur comme l’a fait les éditions Ellipses Marketing avec le vocabulaire de Deleuze, le vocabulaire de Merleau Ponty, le vocabulaire de Marx,…Cela devrait poser des questions au delà de l’intérêt de tels livres ou de leur opportunité commerciale. Ce phénomène où on lit un livre 2, 3, 4 à 5 fois sans rien y comprendre pour se retourner vers des exégètes à n’en plus finir, et qui finissent par vous égarer, on n’en veux plus aujourd’hui. Il est loin le temps où on pouvait consacrer des décennies à un auteur pour se plier à ses caprices. Nicholas Boileau dans l’Art Poétique a dit :

Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Et les mots pour le dire arrivent aisément

On est partagé aujourd’hui entre de multiples sources d’informations qui croissent chaque jour, dixit “l’infobésité” qu’avancent certains. Il y’en a qui condamnaient ouvertement les réseaux sociaux au début en présentant cela comme des trucs pour attardés. Que feront-ils maintenant que tout ce qu’il y a de sérieux, organisations comme individus, a un compte Twitter, Facebook, Google+ et autres… Ceux qui présentaient les blogs comme ce qu’il ne fallait surtout pas faire pour salir son image? Aujourd’hui, même les plus grands professeurs d’université ont au moins un blog où ils publient le plus souvent les versions draft, provisoires de leurs travaux de recherches et livres, en libre accès.

Toutes les meilleures sources d’information sont en ligne et si vous voulez être sérieux dans votre travail, vous devez faire une veille et suivre ces sources. Et cela prend du temps. Du temps que vous n’en aurez pas à gaspiller sur un auteur qui invente un terme qu’il ne prend même pas la peine de définir tout au long de l’ouvrage. Et vous devez vous plier à deviner ce qu’il a dit, ou aller acheter le livre d’un de ses disciples qui, semble t-il, vous éclairera sur ce que l’auteur a voulu dire. On n’a pas le temps pour cela et lorsque je tombe sur un livre pareil, je laisse tomber le livre et je n’y reviens plus, pas seulement pour ce livre, mais pour tous les livres de l’auteur. Même Nicholas Nassim Taleb, qui s’y connait en mathématiques financières, doit son succès parce qu’il écrit des livres pour communiquer, passer des idées et non faire un monologue. Pour chacun de ses livres, il publie un annexe technique disponible  dans son blog pour ceux qui veulent tremper leurs mains dans le cambouis. Autre chose : parmi tous les philosophes français encore vivants, je ne lis que Jacques Bouveresse. Je me suis essayé à d’autres et je me suis dit que certains devaient se prendre pour des gourous quand ils écrivaient. Bon pied la route pour les tenaces aux QI surélevés. Et à cela, je souscris totalement aux propos de Michel Volle :

La vie est trop courte, notre rencontre avec le monde de la pensée et avec le monde de la nature est trop brève pour que nous perdions notre temps en simagrées. Si la culture, la philosophie, la science et l’art sont nutritifs, c’est à condition de se les approprier en s’affranchissant de la sociologie de l’« élite » culturelle qui les parasite.
Il n’existe pas d’autre guide, pour progresser, que le bon sens que cette « élite » méprise tant, que la droiture persévérante du jugement, que le flair d’abord maladroit puis de plus en plus exact qui se forme par la recherche intime du plaisir
.”

L’entreprise est comme un poulailler

chicken-coop-245745_1280

La vie est d’apparence simple dans un poulailler : à chaque jour, suffit sa peine de nourriture, de combats, de chants, de jeux,…mais aussi de drames.

Le drame vient le plus souvent du propriétaire du poulailler qui, de temps en temps, pique un poulet.

Et les autres poulets, une fois l’émotion retombée, commencent à rationaliser la malchance du poulet piqué…

Et le cerveau a toujours plein d’astuces dans sa manche pour trouver des raisons à un évènement, quelqu’en soit sa nature.

Et certains de se dire : “Il l’a peut être cherché”. Le malchanceux là était récalcitrant, têtu, ne se comportait pas bien quand le propriétaire déposait la nourriture, ne mangeait pas beaucoup comme nous, ne buvait pas assez d’eau, ne chantait pas assez à l’entrée du propriétaire dans le poulailler, ne nettoyait pas bien ses plumes, ne chantait pas au lever du soleil, ne pondait pas assez d’œufs (pour les poules) …etc.

Derrière l’entreprise de rationalisation de la “malchance” du poulet piqué, d’autres voient dans cette malchance une opportunité

Il y aura assez de nourriture pour tout le monde, et si c’est un coq qui a été piqué comme cela se fait le plus souvent, d’autres coqs se réjouiront d’avoir plus de poules…pendant que d’autres estimeront qu’ils auront suffisamment de place pour se coucher, ou pour jouer. Que le son grave du chant du coq malchanceux ne permettait pas qu’on entende la douceur de leur chant. Que la laideur de ce coq rendait leur vie si difficile…etc.

Et ce cycle infernal est lancé…où à chaque départ suit le lot de rationalisations et la fenêtre d’opportunités…

Jusqu’au dernier poulet qui se croit si astucieux, si intelligent, si béni, si stratège, doré d’incalculables qualités.

Jusqu’à ce que la main ferme du propriétaire du poulailler s’abatte sur lui.

Et il quitte la scène sans comprendre.

Comme ceux avant lui ont quitté la scène sans comprendre.

Le poulailler, lui, est là et bien vivant.

A chaque fois que des poulets sont pris, ils ont été remplacés par des poussins il y a bien longtemps.

En réalité même, le remplacement du poussin est programmé dès qu’il entre le poulailler.

Une fois devenu coq, il s’associe au poulailler et se croit si indispensable que son absence mettra à mal le poulailler.

Mal lui en a pris : c’est sous la lame du propriétaire qu’il comprend qu’on peut vivre toute une vie avec un château de cartes dans la tête.

La réussite est un miroir : la réalité du milieu rap à travers Kaaris…

career-479578_1280

Il a toujours existé un parallélisme de forme (si je peux appeler ça ainsi) entre le rap français et le rap US. Ce billet détonne avec ce que j’ai eu à écrire depuis mais c’est de l’observation de scènes parfois banales et familières qu’on en retire le plus grand bénéfice.

J’ai observé comme tout le monde l’ascension de Kaaris dans le rap hexagonal depuis les titres Kalash, Zoo jusqu’à la sortie de son album Or noir ainsi que la réédition qui a suivi. Il n’était pas facile pour lui de se frayer un chemin dans le rap game avec les deux cadors qui dominent ce milieu depuis quelques années, entendez Rohff et Booba, et dans une moindre mesure La Fouine. Ainsi, son arrivée a permis de diversifier l’offre et surtout s’arrime parfaitement avec ce parallélisme des formes avec le rap US, en apportant une fraicheur dans les beats associée à des textes sombres. Il ne l’a pas inventé : c’est ce qui est à la mode actuellement aux Etats-Unis. Pourquoi ne pas reprendre ce qui marche?

Mais ce qui m’a le plus intéressé, ce n’est pas la musique de Kaaris, mais le prix à payer pour la réussite. Qu’est ce qu’on ne lit pas ou n’entend pas sur ce bonhomme qui a râlé depuis près de 15 ans (oui! quinze années) dans le milieu sans que je n’entende un seul jour son nom… Moi même, je ne le connaissais pas il y a 2 ans. Dès qu’une fine lumière apparaît sur vous, les rageurs sortent des bois. C’est une leçon de la vie, quelque soit votre domaine d’activité, que l’on doit saisir afin de ne pas être surpris et sombrer dans la dépression comme l’ont été Diam’s et beaucoup d’autres lors de leur ascension. Je résume sommairement ce que j’ai entendu ça et là avec mes commentaires à la suite :

  1. Il s’est inventé une vie et parle ce qu’il ne vit pas” : c’est écrit où qu’il faut parler ce qu’on vit? rapper ce qu’on vit? c’est un artiste et il peut faire dans la réalité comme dans la fiction. A entendre ces rageurs, on croirait que la science-fiction n’aurait pas sa place dans le genre littéraire. S’il fallait puiser exclusivement d’une expérience personnelle pour nourrir une expression artistique…  Ces gens là continuent de ramener le rap à ses origines qui était un moyen d’expression né avec les luttes que l’on sait alors que le paysage est plus varié actuellement, avec justement cette tendance originelle et une tendance commerciale. Les deux se rejoignent selon moi : c’est juste que les entrants y voient cela comme un moyen d’ascension sociale. Même les rappeurs qui vont du rap game ont toujours des titres de “rap conscience politique” dans leurs albums. Mais les rageurs aveuglés n’y voient rien.
  2. Il détourne les jeunes avec sa musique qui confondent ses textes avec la réalité” : Avant lui, les jeunes étaient des anges. Sa musique leur a fait passer de l’autre côté. C’est un argument qu’on peut inverser en affirmant qu’il y a aussi des jeunes qui, émerveillés par sa réussite, comprendront que c’est possible de s’en sortir autrement. C’est très facile d’accuser de pauvres rappeurs des maux de la société. Sur la chapelle des causes de la délinquance délitées par les experts, je n’ai jamais vu figuré “rap game”.
  3. Il fait des signes de satanisme, il est sectaire…” : Les psychopathes qui s’ignorent pullulent dehors. Je vous conseille de lire “La Foire aux illuminés : Esotérisme, théorie du complot, extrémisme” de Pierre-André Taguieff. On condamne sans comprendre. On ne voit pas la barbe laissée, les vêtements estampillés “BTTF (Back to the future)” et les signes : tout cela participe de la construction d’une image car ses managers ont compris qu’on vend plus aujourd’hui à travers l’image. Avec une image, vous avez de solides fans qui vous assurent un minimum de ventes dès la sortie de votre album. Qui l’a compris ça? On ne voit pas les Messi ou Ronaldo qui tirent la plus grande partie de leurs revenus de la commercialisation de leur image. Mais on trouve normal ce que font les rappeurs US, pourtant plus pires.
  4. Il a mordu la main qui l’a donné à manger”, “il n’est pas de Sevran” : c’est le plus honteux que j’ai entendu, de plus sortant d’un autre rappeur qui justement cherche aussi sa voie. Et qui croit devoir grandir en descendant d’autres. Qui peut nier que Sevran a été mis au devant de la scène grâce à lui? Personne. Il n’a pas mordu la main qui l’a donné à manger mais il n’a pas voulu continuellement manger de cette main : c’est une attitude normale de toute personne qui veut grandir. S’il ne le faisait pas, il serait toujours dans son trou comme la clique qui entoure BOOBA dont aucun membre n’a perçé à son niveau, de même que le G Unit de 50Cent n’a fait ressortir rien de bon au niveau de 50Cent. Si vous ne vous éloignez pas d’un puissant pour faire votre route, ne croyez pas briller à côté de lui. On peut être reconnaissant mais ce n’est pas un mantra à réciter tout le temps. De plus, viser très haut est parfaitement louable et je pense que l’agitation qu’on observe traduit tout simplement une peur masquée de voir l’élève dépasser le maître. Seul l’avenir tranchera.
  5. C’était un danseur de break, un peureux, il était calme, fuyard, c’était…” : Là alors, l’entreprise de destruction d’image se déroule avec les pères “la morale” qui déroulent leur savoir-faire en la matière. Il est tout sauf lui-même. Je me demande bien comment Kaaris fait pour gérer toute cette atmosphère nauséabonde… C’est bien populaire ça : on n’a pas droit aux essais, on n’a pas droit à l’erreur, on n’a pas droit de suivre son intuition, on n’a pas droit d’oser. Il a tout essayé le brave Kaaris et il a cru pendant 15 ans sans abandonner. Il faut l’avoir fait pour le comprendre et surtout le respecter. Faire la même chose pendant des années sans réussite et continuer à y croire, il faut y passer pour comprendre. Beaucoup ne comprenne pas que c’est justement ça l’essence de la réussite : vous vous y essayez tout le temps et vous y ajouter la passion. Au début, on a l’impression de s’embrouiller et de perdre son temps. Puis, petit à petit, l’horizon s’éclaircit et une voie se dégage naturellement.
  6. Il a oublié les anciens, Il a…” : On sort juste des bois pour vous rappeler que vous avez oublié ceux qui ont tracé la voie du Hip-hop mais en réalité ils ont tracé quoi? comment? Pourquoi ne pas faire un audit sur l’héritage de ces anciens? En réalité, Ils n’ont rien fait. Montrez-moi l’équivalent d’un Dr Dre en France? d’un Timbaland? Tout le monde sait ce que Dre a fait pour un Eminem, 50Cent et d’autres. De même que Timbaland. Ou encore Birdman avec son label Cash Money. Les anciens français ont versé de la salive, se sont fait des tunes, rien après eux sinon sortir de temps en temps de leur retraite supposée pour pondre une réédition ou un réchauffé, sans oublier au passage de cracher sur la nouvelle génération genre “c’est pourri aujourd’hui, c’était mieux avant” lors des interviews. Comme quoi, c’était mieux seulement en mon temps, le monde s’est arrêté après moi.

Je peux passer toute l’année à déliter des tas de dits mais je préfère m’arrêter à ce niveau car je ne suis pas l’avocat de Kaaris ni comptable de sa conscience ou de ses actes. Seulement, je veux comprendre pourquoi des personnes le ramènent toujours dans un moule où il n’en ressort que “démoli”. Détruire le personnage au lieu de comprendre ses ventes, les attentes de son marché, comprendre son succès…

La réussite est un miroir de notre société : elle ressort tout ce qu’il y a de profond et l’affiche devant nos yeux. En clair, à travers toutes ces critiques, on voit les éléments suivants en reprenant les 6 points cités plus hauts :

  1. Il faut être “vrai” pour réussir mais personne ne vous dira jusqu’où il faut être vrai. Le rappeur qui s’en est pris à Kaaris raconte comment il bagarrait à l’école et pas Kaaris pour démontrer qu’il est un vrai à cuire. Si vous suivez les histoires que chacun débine pour montrer qu’il est “vrai”, vous allez en mourir de rire. En fait, c’est juste un moyen de séduction et en fin de compte de promotion et plusieurs rappeurs sont figés sur ce mode de promotion et le pense “exclusif” pour réussir dans le milieu. Lorsque vous cassez ce “code”, certains feignent d’hurler pour masquer l’illusion qu’ils ont avalé amèrement avec les sacrifices consentis associés. Lorsque vous réussissez sans passer par les canons établis ou socialement acceptés de votre environnement, vous êtes dépeint comme un faussaire, un affabulateur.
  2. La réussite est le miel qui attire les abeilles mais aussi des prédateurs en nombre. Sombrant et errant dans l’obscurité de leurs combats, ces prédateurs cherchent une once de lumière qui donnera du relief à leur combat : quoi de mieux que de vous prendre en otage en vous mettant en parallèle avec un problème de société qui plus est a une aura de digne combat. C’est le pourfendeur de la délinquance des jeunes qui vous embroche pour mieux étaler la justesse de ses combats. Pourtant les vrais combattants n’ont pas besoin des lumières de l’heure pour faire leur show. Réussissez mais n’embarquez pas les jeunes dans votre galère. Le jeune forme une catégorie politique pour un militant, un consommateur et un marché pour le rappeur. Comme quoi, pour ces prédateurs, vous devez réussir mais avec leurs lunettes, leurs façons de voir le monde. Pourtant, pour réussir, il faut s’acheter ou se doter d’une paire de lunettes qui vous sied à merveille et que vous assumez surtout.
  3. Les adeptes de la conspiration ne voient dans la réussite que l’antichambre du satanisme et autres coups tordus. On n’en est arrivé à un niveau où la réussite n’est ni normale, ni exceptionnelle, ni anormale même. Elle est tout simplement artificielle aux yeux de beaucoup. Et tout est recherché dans vos moindres faits et gestes pour justifier cette position. On a la conclusion et puis on cherche les arguments pour le soutenir. C’est la traduction d’une société marquée par l’absence d’esprit d’entreprise, de froussards et autres inactifs. On n’est pas surpris du niveau de violence que connait ces sociétés dans la mesure où un entrepreneur, quelqu’un animé par l’esprit d’entreprise répond à la difficulté par des actions. Les froussards et inactifs sans solutions proposent la violence ou le déni.
  4. Voler de ses propres ailes est synonyme de trahison. C’est malheureux : tout ce que vous faites peut être interprété comme une trahison, un mépris. Tout cela pour vous accommoder avec la fable des ingrats et de l’ingratitude, qui masque en fait des égos démesurés et un appui intéressé de la part de celui qui vous a tenu la main. Si l’aide n’est pas intéressée et vise à vous faire décoller, pourquoi hurler quand le décollage commence? En réalité, dans notre société, il y a plus de personnes qui aident sans conviction. Juste pour satisfaire le miroir humaniste qui nous habite et hurler à toutes les fenêtres qu’on a aidé et épaulé plein de monde. Je t’aide mais reste toujours derrière moi, je ne supporterai pas que grâce à mon aide, tu me dépasses.
  5. Les gens continuent à croire au génie, talent, miracle…C’est le comble de la société française, et des nègres. Regardons l’histoire de Bill Gates et Steve Jobs… Ce sont des personnes qui ont beaucoup “essayé”, testé leurs idées et on sait où cela les a mené. Echouer est normal et seuls ceux qui agissent le savent : celui qui ne veut pas échouer peut rester tranquillement chez lui et ne rien faire. Il est vrai que peu de personnes, voire personne n’est là pour voir tout le processus (essais, erreurs, batailles, difficultés,…) qui vous conduit à la réussite mais la réussite se fait voir par tout le monde…et cela nourrit la mise en avant exclusive du génie, talent, et autre. Même Thomas Edison avait dit “Le génie, c’est 1% d’inspiration et 99% de transpiration”.
  6. La reconnaissance est une obligation quand on a réussi, seulement quand on a réussi. Si vous échouez, personne ne demande votre reconnaissance.

La réussite d’un artiste est l’arbre qui cache la forêt : il a toute une équipe derrière lui. Non seulement une équipe, mais tout une maison de production, Def Jam, une écurie mondiale pour ceux qui savent.

Bien sûr, si l’album “Or Noir” sortait et enregistrait un flop, les vautours qui ne se nourrissent que de l’aura des réussites du moment pour donner une contenance à leurs égos n’auraient même pas jeter le moindre regard sur une telle entreprise, sinon en rire. Mais cela en a été autrement et leur boulot d’entrepreneurs de la “fausse” morale a commencé.

Certains critiques se croient intelligents et plus avisés que les artistes mais ces artistes sont des arbres qui cachent la forêt : ce sont des entreprises déguisées avec des dizaines de personnes travaillant à leur réussite. Les critiques ne sont pas interdites mais à la fin, ce n’est que du business.

Si vous envisager créer une entreprise, militer pour une cause, prendre l’ascenseur social, vous n’aurez pas de cadeaux sur votre chemin. Mieux vaut se nourrir ou s’inspirer des expériences d’autres pour aguerrir son esprit au combat. C’est le prix à payer pour que vous puissiez un jour prononcer la phrase “Je le mérite”.